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Paris-Tours : la journée « Erik Dekker »

dimanche 10 octobre 2004, par Raphaël Watbled

Sans Erik Zabel, nouveau vice-Champion du monde, vainqueur sortant de l’épreuve du jour, et tombé d’une échelle, sans Alessandro Petacchi, le maître du sprint à l’heure actuelle, Paris-Tours 2004 n’était certes pas certain de se conclure au sprint, selon la tradition qui fait dire qu’il s’agit du Championnat du monde des sprinteurs, tant la classique des feuilles mortes, longue et quasiment plate comme l’encéphalogramme d’une limace, sourit aux spécialistes de cette voltige. Cependant, avec Oscar Freire, le tout frais triple Champion du monde, mais aussi avec Jaan Kirsipuu, Stuart O’Grady et d’autres, on ne manquait pas d’experts. Un sprint, à coup sûr. D’autant plus que dans sa lutte qui l’oppose à Davide Rebellin pour le classement final de la Coupe du monde, Paolo Bettini était aussi favorable à une arrivée au sprint.

C’est là bien mesurer la valeur de la victoire d’Erik Dekker, qui s’est débrouillé pour gagner le Paris-Tours autrement qu’au sprint. A ceci près que son arrivée sur l’avenue de Grammont s’apparentait quand même beaucoup à un sprint, avec la horde pelotonesque derrière ses guiboles, mené seul contre le reste du monde. Un sprint solitaire contre le sprint massif des collègues. Sa résistance acharnée contre le retour massif du peloton ne s’est achevée qu’à trois mètres de la ligne. C’est dire si le Néerlandais a mis de la fougue et de la volonté.

Echappé pendant 230 km, Dekker a été à l’œuvre plus que jamais. Sa participation à l’échappée du jour est incontestable, autant que la foi qui semble l’avoir animé. C’était déjà bien juste lorsqu’à l’approche de Tours, le peloton fut tout près de ses basques, et qu’un petit wagon emmené par Igor Astarloa fit même la jonction. Le téméraire Batave se permit donc d’accompagner l’ex-Champion du monde, Allan Davis, jugé trop dangereux au sprint, ou Matthias Kessler. Quoi de mieux, même, pour en remettre une couche, et voilà Dekker reparti, Kessler avec lui, tant bien que mal, la meute aux trousses. Ce fut de longs kilomètres à couper le souffle, et il fallut certainement compter sur une certaine désorganisation du peloton, aidée par une chute de Paolini.

De Dekker et Kessler, celui-ci eût dû être le plus frais, au regard de la somme d’efforts du premier, mais on y tient jusqu’au bout quand on a l’âme d’un gagneur, et c’est le premier qui s’acharne dans les derniers mètres. Cinquante de plus, et c’était vraisemblablement Danilo Hondo qui se faisait roi, ou peut-être même Oscar Freire. Au classement de la coupe du monde, Bettini, 6e à Tours, reprend la tête devant Rebellin, 13e. C’est donc le Tour de Lombardie qui décidera.

1. Erik DEKKER
2. Danilo Hondo
3. Oscar Freire
4. Allan Davis
5. Stuart O’Grady
6. Paolo Bettini
7. Matthias Kessler, t.m.t.

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