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Tour d’Italie

Emotions et sursauts des favoris déchus

Etape 19 : Bormio - Presolana

samedi 29 mai 2004

La maîtrise de Cunego, jamais inquiété

Il est probable qu’en s’échappant avec Stefano Garzelli dans le terrifiant Mortirolo, à 85km de l’arrivée, le capitaine déchu Gilberto Simoni ne pensait déjà plus pouvoir renverser son jeune élève Damiano Cunego, mais seulement récupérer la 2e place du classement général, aux dépens de Sergueï Gontchar. Simoni ne pouvait espérer creuser l’écart au-delà des 2 minutes qui auraient fait réagir Cunego, lequel n’avait qu’à laisser Gontchar défendre les 1’36 qui le séparaient de Simoni. Cela vous semble compliqué ? Retenez simplement que Cunego a impressionné par sa maîtrise de la course.

Le duel Gontchar-Simoni

Jamais paniqué, toujours paisible et posé, Damiano Cunego ne s’est pas laissé intimidé par l’échappée au long court de son ex-capitaine ; disons même qu’il lui a assez largement accordé un bon de sortie, pour l’aider à monter sur la 2e place du podium. Le Maillot Rose n’a jamais contré, jamais roulé à fond ; en fait, il s’est tout bonnement laissé faire : l’équipe De Nardi s’est démenée pour lui, dans sa protection de Gontchar, lequel s’est retrouvé isolé dans le Vivione. C’est alors un Gontchar très puissant, étonnamment efficace qui a écrémé le groupe Maillot Rose en sortant la vapeur. Et si l’Ukrainien en a été un peu fatigué à la fin, il sauve ainsi sa 2e place pour 3 secondes !

La coalition Garzelli-Simoni

Quant aux deux fuyards de renom, deux ex-vainqueurs du Giro, Garzelli et Simoni, leur entente leur permettait de rouler bon train avec Valjavec, par delà le Mortirolo, le Vivione et la Presolana. Leur avance n’était inquiétante que pour la 2e place de Gontchar, avec la menace de Simoni, et les 5e, 6e et 7e places de Cioni, Belli et McGee, avec la menace de Garzelli. McGee faisait une excellente étape, parfois un peu distancé dans les cols, mais toujours en bonne maîtrise, à l’image d’un Giro très bien réussi.

La folle descente de Popovich

Peut-être Iaroslav Popovich a craint la remontée de Garzelli, peut-être a-t-il pensé pouvoir encore monter sur le podium, toujours est-il que la descente du Vivione s’est transformée sous son impulsion en spectacle périlleux. Auteur d’une descente absolument folle et rocambolesque, Popovich qui est passé bien près du ravin, puis encore d’une sortie de route, a poussé ses poursuivants à prendre des risques incroyables. Aussi a-t-on vu Garate réaliser la superbe sortie de virage que Cunego avait manquée de peu devant lui, puis Tonkov monter droit sur le talus, tandis que d’innombrables concurrents roulaient sur l’herbe ou perdaient le contrôle dans les courbes.

Simoni rate le podium

Cet effort lui vaudra d’ailleurs une déconvenue finale qui lui coûte sa 4e place au profit de Dario Cioni lequel attaque crânement dans la Presolana, montée finale, où Cunego ne se fait pas prier pour sauter dans sa roue. Gontchar marque alors le pas. Calé sans affolement dans la roue de Cioni, le Maillot Rose refait doucement son retard sur Garzelli-Simoni. Débarrassés du courageux Valjavec, les deux ex-favoris s’apprêtent à sauver leur honneur en se disputant la victoire d’étape. C’est Garzelli qu l’emporte facilement et remonte à la 6e place du général. Mais Simoni pensait bien monter aussi d’un cran, mais c’est raté !

Cunego a laissé faire

Sans jamais avoir fait la course à bloc, assisté longuement par le précieux Mazzoleni, Cunego conforte son avance sur son dauphin, et contribue à la remontée, pourtant inefficace, de son capitaine déchu Simoni. Il nous a encore montrés sa facilité dans la dernière ascension. Le jeune prodige n’a jamais été inquiété par le raid de Simoni, et a su gérer à distance.

Honte au Giro !

Derrière les premiers de l’étape, fatale à Andrea Noè en pleine défaillance, un spectacle d’une étrange nature se joue sur la Presolana : sans aucun égard pour la suite du peloton, le public envahit massivement la route et remonte vers l’arrivée comme une foule de pèlerins. Les coureurs ne peuvent plus avancer, et doivent forcer le passage en faisant le coup de poing ! Les spectateurs à vélo se mêlent aux concurrents qui achèvent leur course en slalomant. L’organisation du Giro ne s’est pas montrée très soucieuse de la sécurité du peloton. Voilà bien une chose impensable sur les routes du Tour de France, absolument indigne d’un Grand Tour, mais aussi d’un public de passionnés.

Etape

1. Stefano Garzelli, les 122 km en 3h52’16
2. Simoni, à 00’02
3. Valjavec, à 00’23
4. Cioni, à 00’52
5. Cunego, à 00’52
6. Mazzoleni, à 1’23
7. Tonkov, à 1’23
8. Gontchar, à 1’23
9. McGee, à 1’43
10. Pellizotti, à 1’43
11. Belli, à 1’43
12. Garate, à 1’43
13. Cuapio, à 1’51 ; 14. Sella, à 1’51 ; 16. Popovich, à 2’34 ; 44. Noè, à 15’53

Classement général

1. Cunego
2. Gontchar, à 2’02
3. Simoni, à 2’05
4. Cioni, à 4’44
5. Popovich, à 5’05
6. Garzelli, à 5’31
7. Belli, à 6’12
8. McGee, à 6’15
_9. Valjavec, à 6’34
10. Garate, à 7’47
11. Pellizotti, à 9’50 ; 12. Sella, à 10’20 ; 13. Tonkov, à 10’37 ; 17. Noè, à 21’59

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