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Nos palmes pour 2005

samedi 26 novembre 2005

Pour l’une des nos dernières chroniques, nous revenons brièvement sur les faits cyclistes qui nous ont marqués en 2005. Dans un ordre aléatoire.

Tom Boonen : une saison au paradis

Le Rimbaud du vélo ne peut pas rêver meilleures illuminations. Champion du monde l’année où il décroche le doublé Tour des Flandres / Paris-Roubaix, il assoit sa popularité avec deux étapes du Tour de France et deux sur Paris-Nice. Le roi du Nord dispute moralement à Di Luca le titre de meilleur coureur de l’année. Et annonce déjà sa retraite pour 2010, effet médiatique recherché ?

Paolo Bettini : froide solitude

Le champion olympique a traversé une saison en demi-teinte, pas très convaincant sur son domaine, les classiques du printemps ; il s’est racheté en épinglant sans coup férir le championnat de Zurich. Comme s’il était seul au monde. Seul dans le froid et sous la pluie. Puis le Tour de Lombardie avec panache. Un petit bout de champion qui redonne des assises au spectacle du cyclisme contemporain.

Lance Armstrong : mystère et confusion

Il y a loin depuis le début de la saison où on se demandait encore s’il ferait le Tour. Car le grand débat de l’hiver, c’était bien le programme et l’éventuelle retraite du Boss, qui entretenait la confusion autour de son possible forfait au Tour de France ; depuis, de l’eau a coulé sous les ponts, du sang dans les veines, et de l’encre dans les journaux.

Oscar Freire : un encombrant maillot

C’est qu’il était fier de son troisième maillot Arc-en-ciel de champion du monde. Mais ses performances à Tirrreno-Adriatico l’avaient malgré lui promu leader provisoire du ProTour. Or le cyclisme a ses règles de priorité ; de même qu’en grammaire, le masculin l’emporte sur le féminin, le maillot blanc du ProTour, ce fut ainsi décidé, prime sur le maillot irisé… Mais l’Espagnol n’était pas ravi de troquer sa tunique contre ce paletot sans passé.

Roberto Heras : l’exploit périodique

Sa propension à ne briller que sur la Vuelta avait commencé à faire jaser sérieusement, mais en dépit des soupçons, les chiffres étaient là : quatrième Tour d’Espagne pour Heras, le grimpeur qui voltige sur ses terres. Au prix d’un exploit vers Valgrande Pajares, où ses rivaux ont coulé ; une étape à couper le souffle, dans le brouillard et le froid, une opération commando lancée principalement contre Denis Menchov, plus seul que jamais. Avant un nouveau scandale, qui n’en est même pas un. Qui pour s’en étonner vraiment ?

Alexandre Vinokourov : à l’abordage !

Il s’est ainsi attiré l’admiration et les encouragements d’un certain public, celui qui retrouve en lui la bravoure et l’audace des champions anachroniques. Le Kazakh remplit deux critères qui font de lui une exception : il est un favori, et il attaque. L’attentisme est ce qu’il abhorre. Le Tour de France l’a vu sans cesse à l’œuvre, souvent pour une débauche d’énergie un peu regrettable, mais toujours pour ravir l’œil.

Jan Ullrich : comme un souffle dans le dos

Ullrich rejoint et dépassé par Armstrong dès la première étape du Tour, un chrono de 19 km. A elle seule, cette image représente un univers. C’est un peu le symbole d’un Tour de France plié d’entrée ; de deux rhétoriques éternellement contradictoires, celles de deux champions rivaux que tout oppose. C’est la négligence apparente de l’un contre le calcul froid de l’autre. C’est la domination écoeurante et jamais indulgente de l’Américain sur tout ce qui se met en travers de son chemin. La performance à répétition ; quels qu’en soient les motifs, ses exploits ont marqué l’histoire du vélo. Cette image, où il mate l’Allemand, il l’a pour lui.

Christophe Mengin : …

Il n’y qu’à tenir le silence lorsque cette image percute le regard. A Nancy (6e étape du Tour) Mengin ne pouvait a priori plus gagner l’étape, bientôt avalé par le peloton après une résistance acharnée et émouvante ; les respirations se sont interrompues lorsque le dernier virage l’a envoyé aux balustrades. Une glissade comme un couperet qui tombe.

Michael Rasmussen : une étape en enfer

Le Danois a donné une juste idée du pathétique dans le dernier chrono du Tour, où il défendait un podium après trois semaines de course parfaitement étonnantes. Une étape en forme de catastrophe, ou de descente aux enfers. Chutes absurdes, paralysie dans les virages, perte de sang-froid… Quatre places de perdues.

Santiago Botero : retour éphémère

Le Colombien eut jadis le privilège de compter parmi les favoris du Tour, avant une traversée du désert énigmatique. Il semblait avoir trouvé l’oasis, en revenant au premier plan au printemps ; au Tour, qu’il pouvait redemander en mariage, il fit illusion dans les Alpes avant de sombrer à nouveau. Quand la montagne se refuse aux grimpeurs…

José Rujano : au royaume des grimpeurs

Sa révélation au grand public sur le Tour d’Italie n’est pas sans rappeler celle d’un certain Pantani en 1994. Sa 3e place authentiquement acquise est résolument celle d’un grimpeur. Grimpeur de génie ? Le petit Vénézuélien est désormais attendu au tournant.

Michael Rasmussen et George Hincapie : au royaume du soupçon

Ils ont suscité l’un et l’autre les interrogations. Leurs performances ont étonné ou troublé. Qu’ils soient intègres ou pas, ils symbolisent à leur manière le soupçon et payent pour un système vicié. Le premier a laissé perplexes les suiveurs du Tour qui ne l’attendaient pas à un si haut niveau quotidien en montagne, rivalisant avec les tout meilleurs, et en lice pour le podium, sans ressentir la fatigue de son très long raid vers Mulhouse. Le deuxième symbolise un cyclisme qui floute ses repères : rouleur-sprinteur reconnu, il gagne pourtant l’étape-reine du Tour à Saint Lary Soulan.

Ondrej Sosenka : une heure en toute discrétion

Alors que le Tour s’enlisait dans son ennui, un inconnu géant devenait l’homme le plus rapide dans l’heure : avec 49,700 km en 60 minutes, Sosenka détient le nouveau record sur vélo traditionnel, tombé un peu un désuétude.

Lance Armstrong : le scandale banalisé

L’affaire Armstrong est ingérée ; comme un bretzel qu’on avale de travers, mais dont on avait vu tout de suite qu’il ferait une fausse route. On toussote, on s’asphyxie cinq secondes, on devient tout rouge, puis ça passe. Les commentaires sont superflus. C’est la routine. La routine des injures et des quolibets, aussi, de la part de certains de ses détracteurs à l’endroit de l’Américain qui, sans recevoir notre admiration, garde notre respect.

Paolo Savoldelli : quand on ne s’y attend plus

On avait tout misé sur un duel entre Simoni et Cunego et le Giro s’est rappelé au (bon ?) souvenir d’un étonnant Savoldelli, revenu du diable-vauvert, également vainqueur d’une étape du Tour. Maillot Rose en dépit d’une équipe Discovery pas spécialement construite pour gagner ce Tour d’Italie, le descendeur virtuose s’allie à Heras et Armstrong dans le club des Grands Tours 2005 : tous trois avaient tous déjà connu cette expérience ; à eux trois, ils totalisent 13 Grands Tours, 12 si Heras est déclassé de la Vuelta 2005.

Jan Ullrich : et maintenant ?

Celui dont il restera le rival attitré est parti, 7 Tours en poche. Et maintenant ? Depuis sa victoire en 1997, 8 Tours de France se sont succédé et Ullrich est toujours attendu au tournant. Pas grand-monde pour contester sa classe et son talent, mais beaucoup pour railler ses écarts, tactiques et alimentaires. 2006 est peut-être sa dernière ou avant-dernière chance de remettre son nom au palmarès. Celui qui fut le seul à pouvoir prendre Armstrong doit désormais composer avec Basso, Valverde et Cunego, entre autres. A Vélochronique, on n’ose plus parier sur lui. Mais le cœur y est.

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