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Le patia de Guerini

samedi 23 juillet 2005, par Raphaël Watbled

Nous interrompons provisoirement le cours de nos chroniques en raison d’un événement aussi inattendu que majeur. Et quand je dis provisoirement, ça ne dépend en fait que du bon vouloir de chacun d’entre nous.

Dans notre chronique du jour, un lecteur et néanmoins ami rapportait que Giuseppe Guerini avait, au cours de la 19e étape - qu’accessoirement il remporta - ingurgité du patia. Certes. Pour avoir été moi-même, lors de ce festin furtif du grimpeur italien, en pleine dégustation dans ce même bougnat, je sais bien ce qu’il en fut. Et alors que j’achève à peine ma quinzième fourme en hommage à la T-Mobile, je dois mettre fin à une polémique engagée secrètement dans les coulisses de Vélochronique : Madame Hermionette Plantachoux elle-même, domiciliée à Ambert au lieu même du délit-puisqu’elle a vendu elle-même le mets au futur vainqueur-a révélé dans notre tribune la recette de son patia.

Or, elle annonce : pour 6 personnes il faut : 1/2 litre de crème fraîche, 125g de beurre, 1/2 litre de lait, 1,5kg de pommes de terre, ce à quoi le copain de pétanque de Monsieur Plantachoux a répondu en privé que cette recette, qui fut aussi déclamée à l’aimable cycliste qui s’en retournait à sa course, était falsifiée dans l’estaminet en question. J’en tiens pour argument de poids qu’un client honnête me fit en aparté, au moment de rejoindre la caravane du Tour : La mère Plantachoux, elle a menti. Ch’est pas cha chon patia. Pourquoi, qu’est-ce qu’elle met dans son patia ? fis-je intrigué. Comment il ch’appelle le monchieur en roje qui vient d’acheter le patia ? - Guerini. Regarde Guerini à l’arrivée de l’étape, tu verras bien.

Du bistro d’en face, on put voir Ullrich filer sur la pointe des cales, traumatisé par une heure à disputer le tour de la mairie d’Ambert, des fourmes dans les poches, et du patia dans les bidons. Tiens, chelui-là, il chort de chez la mère Chiscard. Avec son patia, il risque pas de décoller. Comment il ch’appelle, chelui-là ? J’ignore si Armstrong ou Rasmussen ont goûté les recettes locales sur le parcours du Tour. Mais j’en appelle à la bonne volonté des lecteurs : quelle est la vraie recette du patia ? Et la recette de Madame Plantachoux ? Mais qu’a donc mangé Guerini ?

De nombreux lecteurs, d’Issoire et d’Ambert, ont déjà formé un collectif pour avoir des explications. Ils sont prêts à prendre Giuseppe Guerini en otage demain à Saint-Etienne à 15h23, heure de son lancer… Moi-même je demande solennellement que le Tour de France, par solidarité, s’interrompe jusqu’à ce que Madame Plantachoux nous livre se véritable recette.

Messages

  • Bonjour tout le monde. Je m’appelle Janine Jaumette et je suis d’Aix-en-Provence. J’ai trouvé votre site par hasard en cherchant un mini-vélo pour madame Bourdarelle, ma voisine qui voulait faire un cadeau à sa petite fille Kévina pour son anniversaire. Bref, je croyais qu’il y avait des annonces sur votre forum et je suis donc tombée sur la recette de la Patia. Oui, il faut dire LA PATIA. En 1995 j’étais en vacances à Ambert avec des amis instituteurs qui s’intéressent aux traditions, et c’est ainsi que nous avons essayé toutes les recettes de patia et d’aligot. À la fin du mois nous avions pris quelques rondeurs, mais nous étions devenus incollables sur le sujet- pas comme la patia ! Sauf notre ami Lionel car il avait sympathisé avec deux veuves du coin, végétaliennes et championnes de scrabble de surcroît et qu’il prenait tous ses repas chez elles au grand dam de sa dame qui s’imagine toujours des choses et qui lui reprochait ses escapades, arguant du fait qu’elle aussi avait été championne de scrabble dans sa lointaine jeunesse. Toujours est-il que durant ces vacances nous avons fréquenté de manière assidue la charcuterie-patiouillerie des Plantachoux et je puis vous affirmer que vous êtes victimes de manipulateurs : la recette n’est pas celle d’Hermionette ! On l’aura payée pour qu’elle triche ! Ce qui d’ailleurs n’a rien d’étonnant sur ce Tour de France... Quand on voit ce que font Hincapie et Rasmussen, m’a dit madame Bourdarelle et qu’on sait ce qu’on sait, on a raison de penser ce qu’on pense ! Pour revenir à la patia, il manque à la recette un élément essentiel et je suis espantouflie que personne ne l’ait encore remarqué:la fourme d’Ambert ! Comment voulez-vous faire un gratin à la fourme sans fourme ? Madame Plantachoux ajoute avant d’enfourner une demi-fourme râpée à la patia. Sans fourme la patia ne serait qu’un gratin dauphinois en exil !Bon, tout ça m’épuise, je n’en peux plus, je retourne me radasser. Si vous avez un mini-vélo à un prix raisonnable pour Kévina vous pouvez me contacter, je suis dans l’annuaire.

    • Chère Janine, c’est moi Janette. Je ne savais pas que tu aimais le vélo, que te trouvè-je ici ? Figure-toi, je passais par là en pensant trouver de la documentation intéressante sur le cyclisme familial au Tholonet et ses environs. Mais revenons-en au patia. Car il faut dire LE PATIA. J’approuve le charmant monsieur qui a écrit sa chronique. Le patia, oui, LE patia. Guerini aurait bien pu manger de la patia, il n’aurait jamais gagné au Puy. Mais comme il a mangé du patia... Je propose un arbitrage. Je pense que tu t’es laissé berner par la a de patia.

      Or, comme me le répète assez souvent mon voisin l’Auvergnat, qui a bien connu Monsieur Brassens : "et pourquoi dit-on un patcha foréjien alors ? si ch’était une patcha, on dirait une patcha foréjienne". Reconnaissez-là que c’est imparable.
      Mais le meilleur argument nous vient de l’occitan, notre langue naturelle, qui nous parle encore du patia. Je finirai sur ce mot, inspiré de mon homme Jeannot : "La Janine, sau ben qué fau diré lou patia, et pas la patia. N’en a manjat émé ieu dans la bastide dé Ginette, dau temps qu’erian soulets, èle et ieu".

      Voir en ligne : La recette du patia

    • du delire cette patia ! bravo velochronique, bravo beppo !

    • découvrer la langue qu’y va avec la patcha : le site patois occitan en forez , avec moult surprise en prime sur la région

    • Bonjour

      Le patia n’est pas un gratin et ne se met pas dans un four, ça se prépare dans une casserolle avec de la crème et du lait et se fait chauffer tout doucement en tournant pendant au moin 3 heures. Un patia au four c’est un gratin !

      Amicalement Alain

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