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Le Tour de France a la gueule de bois

lundi 25 juillet 2005, par Raphaël Watbled

C’est un peu la gueule de bois. Le Tour de France est fini, et nombreux sont les passionnés qui ont le nez dans le brouillard. Après un mois brindezingue. Au matin du dernier lundi, on a en général l’impression à la fois d’un lendemain de réveillon, et d’un ce n’est qu’un au revoir entonné sur un quai. On est un peu paumé au matin du dernier lundi, on ne sait plus à quoi s’occuper, et on a encore le réflexe de réserver ses après-midi. Mais à la télé : rien. Il y a comme un vide. Si vous avez identifié cette sorte de symptômes dans votre cas, c’est que vous souffrez de la passion du Tour.

Et cette année, c’est une gueule de bois en pin massif. Il y a de quoi en tenir une couche. Il y a comme qui dirait un semblant de malaise. Le départ d’Armstrong s’est fait à la fois dans un soulagement général, et dans une gêne confuse qui ne se laisse pas clairement analyser. Parce que le septennat d’Armstrong a profondément marqué le cyclisme et sa perception. Parce qu’il s’achève dans la suspicion, l’adoration et la haine. Parce que le tempérament sportif du Texan a déboussolé nombre d’observateurs. Parce que son passage par le Tour de France est une époque à elle-seule et qu’on a comme le pressentiment d’une espèce de révolution. C’est une époque qui a donné un grand coup de massue. Et ça résonne encore profondément dans les têtes. Comme si le mur de Berlin était tombé une deuxième fois.

On n’a pas l’air très malin, tous ceux qui avaient annoncé il y a trois semaines que Mayo taquinerait l’Américain à l’orée de sa retraite, ou qui avaient installé Heras, Botero ou Garzelli sur le podium. Votre serviteur s’était copieusement ridiculisé en 2004 en prophétisant la victoire d’Ullrich. Il n’avait pas voulu prendre de risques cette année, encore tout contusionné après cette chute libre. Mais à présent la question est réglée. En un mois, on a pris sept ans d’un coup. Les souvenirs de juin sont lointains, on ne distingue plus entre 1999 et aujourd’hui. J’ai vu les gueules des gars après l’arrivée du Tour, les haineux comme les amoureux, tous pareils, avec le même soupir d’indigestion et d’apaisement à la fois.

Le cyclone est passé. On est plutôt soulagés de le voir repartir vers la côte, mais désormais, il faut reconstruire.

Messages

  • Espérons qu’après le départ de Schumi, on n’aille pas trouver un Alonso. C’est fort possible...

  • Pourquoi avoir la gueule de bois, alors que nous ne sommes que fin juillet. Au soir du Tour de Lombardie, je comprendrai, mais là il est beaucoup trop tôt ! La fin de saison se profile, excitante à plus d’un titre. Tout d’abord, le retour d’autres courses, moins robotisées, moins prévisibles quant à leur issue. Et, surtout, c’est la 1ère fin de saison "Pro Tour", avec la refonte du calendrier et l’apparition de nouvelles épreuves. Les Freire, Di Luca, Cunego, Petacchi et consorts ne méritent pas cette gueule de bois !!!

    • Tous devant vos écrans le 25 septembre à Madrid pour les Championnats du Monde ! La course s’annonce palpitante car le circuit ne semble pas aussi facile qu’à Zolder... Freire, Petacchi, Boonen, les baroudeurs... Même Ulrich sera là, forcément surpuissant à cette époque de l’année !!! Ce n’est pas le Tour... et alors !? Tant mieux, ça n’en sera que beaucoup plus passionnant !!!

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