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Flèche Wallonne 2010

Evans, très sobrement punch

mercredi 21 avril 2010, par Raphaël Watbled

Il gagne peu - il n’en est souvent pas très loin - mais lorsqu’il s’amuse à le faire, ça ne se voit guère sur lui. Cadel Evans a la victoire plutôt simple, très subtilement satisfaite, plutôt discrète, presque inaperçue. À la limite même de l’austérité. Si on ne sait pas qu’il est premier, (et pour peu qu’il gagne en solitaire), on peut se demander au contraire s’il n’est pas dernier, juste heureux d’en terminer malgré des circonstances qu’on devinerait accablantes et qui auraient dû le forcer à l’abandon s’il n’avait été digne et courageux comme un wallaby, mais qui lui arrachent ce petit salut d’honneur adressé tant à ses supporteurs déçus mais admiratifs qu’au sort contre lequel il s’oppose avec flegme. Pas du tout. Ceux qui l’ont vu de près devenir le Champion du monde de cyclisme qu’il a toujours l’honneur d’être à l’heure actuelle savent qu’Evans vainc sans fard. Modèle du genre : sa victoire en solitaire au Mondial était tout en retenue.

Et pourtant, que c’est beau un Champion du monde qui gagne au sommet d’une côte. Particulièrement dans une classique. Evans a gardé collée à lui comme un incommodant sparadrap l’image d’un champion exclusivement défensif et tapi dans l’ombre de ses concurrents, cantonné de fait aux places d’honneur. Son titre de champion du monde acquis sur une unique et décisive offensive a fait un peu mentir cette réputation qu’il doit surtout à l’apparente passivité qui a fait de lui un dauphin du Tour à deux reprises (en 2007 derrière Contador, en 2008 derrière Sastre). C’est qu’on voudrait vous y voir, vous. En tout cas, l’Australien aura fait honneur au Maillot en décrochant au moins une victoire de prestige, avec la Flèche Wallonne, et pas de la plus fortuite des façons.

Il fallait ne pas se laisser impressionner par celui qui est plus ou moins le meilleur grimpeur du monde, Alberto Contador et qui, à cent mètres de l’arrivée de la Flèche, c’est-à-dire du sommet du terrible Mur de Huy, était avec Igor Anton quelques longueurs devant le reste des troupes, donc en position de remporter tout bonnement la course - qui d’autre ?
Le déroulement de la course avait amené un bon paquet (avec les meilleurs dedans) à se disputer le gros lot en haut de Huy - une habitude désormais - et c’était au punch qu’on allait régler les comptes. Assez vite, la sortie des deux grimpeurs Anton et Contador pouvait laisser présager que les deux Espagnols (qui se sont tout récemment disputé le Tour de Castille et Leon, à l’avantage de Contador), même s’ils ne gardaient qu’une seule seconde sur les autres, se joueraient la gagne. C’est qu’Evans est décomplexé et ne voulait pour rien au monde lâcher le morceau.

Deuxième en 2008 (5e en 2009), Evans connaît Huy. Seulement flanqué du très en verve Joaquin Rodriguez, le Champion du monde maintenait son effort sans relâche, finissant par grignoter, puis sentant finalement l’avantage basculer dans son sens, retournait Anton d’abord puis Contador, qui coinçait et se laissait déborder par les deux meilleurs puncheurs du jour.

Et un Champion du monde à Huy, c’est beau !

Messages

  • Decidemment, il y a vraiment quelque chose chez ce coureur que j’arrive pas à encadrer, cette victoirer le place en tout cas parmi les tout meilleurs puncheurs au monde, Rodriguez était très fort mais a eu peur de reproduire l’erreur de 2008, Valverde revient bien et sera pas loin de la victoire sur la doyenne, tout comme Rodriguez, et Contador semble parti pour l gagner cette si particulière flèche wallonne avec son mur de Huy et ses pourcentages "trop dur pour être vrai", qui voyez vous pour la Doyenne ? Moi je mettrai bien une pièce sur Rodriguez.

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