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Étapes 4 à 10 : de Wanz à Gap

Demi-Tour écrémé

mercredi 14 juillet 2010, par Raphaël Watbled

Bien avant le départ de Wanz (et même du Tour), l’étape d’Arenberg (3ème étape) tant attendue avait donné lieu à bien du tapage médiatique - certains craignaient pour ces saintes Fragilités les Grimpeurs, d’autres spéculaient sur les attaques de quelques favoris en vue de précipiter la perte d’un adversaire, d’autres encore tempéraient les ardeurs en rappelant que les ténors n’étaient pas assez délirants pour se la jouer façon Paris-Roubaix authentique.
Les spécialistes du pavé devaient logiquement contenir leur frénésie et entourer leurs chefs d’équipes, lesquels s’écraseraient bien gentiment plutôt que de déclencher les hostilités. Tu parles ! Un peu de tout ça et rien de tout ça, une vraie pétaudière qui a donné lieu à un spectaculaire et trépidant capharnaüm sportif. Un bazar de poussières, de chutes, de crevaisons et de poursuites qui n’est pas tout à fait sans séquelles sur la suite de ce Tour, à court, moyen et long-terme. Destin tragico-fraternel, la chute aux avants-postes de Fränk Schleck précipita la réussite de son frère en même temps que sa propre perte.

Grand dommage pour le Tour, la participation discrète de Cadel Evans (discrète car peu commentée, mais très logique pour un champion de VTT) à la sensationnelle échappée des six d’Arenberg (Andy Schleck, Hushovd, Thomas, Cancellara, Hesjedal, Evans) - presque de nature à rappeler l’étape des routes blanches du dernier Giro qu’il a remportée à Montalcino - devait perdre toute son utilité avant même la mi-Tour. Maillot Jaune à Morzine (8ème étape) grâce au coup d’Arenberg, le champion du monde rendait huit minutes et son statut de semi-favori dès Saint-Jean-de-Maurienne le lendemain (9ème étape). Ses efforts moyennement gracieux, longtemps critiqués (en 2007 et 2008 surtout) mais très méritoires ne le conduiront probablement jamais à la victoire du Tour, de quoi regretter l’occasion ratée en 2008. On n’aura pas eu le temps de le prendre au sérieux.

Le meilleure bénéfice d’Arenberg revient donc à Andy Schleck, bien content d’avoir fait mordre la poussière et dégobiller des minutes à ses concurrents. Avantage qu’il aurait pu accroître encore à Morzine (8ème étape) sur Contador si l’on en croit l’apparent et léger plafonnement de l’Espagnol sur la même montée d’Avoriaz qui a définitivement condamné les dernières chances de Lance Armstrong, pour la première fois hors-jeu depuis 1999. Mais la petite palanquée d’outsiders encore sérieux en-haut de Morzine (Contador, A. Schleck, Evans, Menchov, Leipheimer, Basso, Sastre, à ce moment du Tour, augmentés de quelques autres) pratiquera le jeu égal plutôt que les grandes manœuvres, par préférence ou par incapacité mutuelle (ou par égalité effective des uns et des autres…) Une situation que les observateurs ont l’habitude de décrire comme une neutralisation des favoris entre eux et qui n’est pas appréciée à sa juste beauté sportive.

La suite des déconvenues était réservée au lendemain dans la Madeleine, pour l’ensemble des derniers survivants, lessivés par Schleck et Contador, à des degrés divers. On assure que le Tour est pour un de ces deux-là. L’expérience récente du Giro doit cependant modérer les pronostics. D’autant que si Armstrong, Sastre, Evans, Basso, Wiggins et consorts ont tous réussi à connaître une journée grise à noire parmi d’autres meilleures, rien n’interdit à l’un et à l’autre des deux duellistes de connaître chacun son tour semblable ou relative infortune.

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