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Paris-Nice 2011

Klöden, champion sous-apprécié

Étapes 1 à 5

jeudi 10 mars 2011, par Raphaël Watbled

Il y a des coureurs dont le grand public, dont la grande masse des journalistes ou des commentateurs, bref dont on sait avec plus ou moins de certitude qu’ils sont au demeurant (ou ont été) d’excellents compétiteurs, ou qu’ils sont (ou ont été), en tout cas, performants dans au moins une discipline caractéristique, et qu’ils ont forcément fait leurs preuves au cours de leur carrière pour qu’on ait ainsi connaissance de leur patronyme, mais de ces coureurs-là, on ne sait finalement plus trop quoi dire d’eux ; comme si leur palmarès restait encore vague, ou plutôt comme s’ils n’en avaient pas vraiment, ou comme si on ne savait pas tellement quoi retenir d’eux.

C’est injuste.

Parce que d’autres coureurs cyclistes, à palmarès équivalent, jouissent d’une notoriété autrement plus établie.

Et en quelque sorte, Andreas Klöden est un de ces coureurs cyclistes, qu’on reconnaît comme très bons et comme ayant éprouvé leurs qualités. Mais c’est tout. Pas davantage.

Klöden triomphe-t-il d’un groupe de 8 coureurs de pointe à Vernoux-en-Vivarais, arrivée de la 5ème étape de Paris-Nice et réputée étape-reine de l’épreuve (en-dehors de l’étape contre-la-montre qui, pour 2011, constitue le gros morceau), au prix d’un sprint pénible pour chacun des candidats, Klöden remporte-t-il cette étape et prend-il le Maillot Jaune, qu’on en serait presque surpris - ou du moins en prend-on acte, en s’étonnant un peu de le voir sortir des sentiers battus, puisqu’on l’aurait plus volontiers attendu en contre-la-montre n’est-ce pas.

En oubliant, pour la plupart, de rappeler qu’Andreas Klöden n’est pas qu’un excellent rouleur ; n’est pas qu’un vétéran ; n’est pas que l’ex-équipier de Lance Armstrong ; n’est pas que l’ex-équipier de Jan Ullrich.

(C’est injuste ; mais on l’a déjà dit).

En oubliant donc, pour la plupart, de rappeler qu’Andreas Klöden, pour intermittent qu’il fût, a été l’une des figures du cyclisme mondial des années 2000 en matière de courses à étapes. Que le discret Allemand est monté deux fois sur le podium du Tour de France, qu’il y fut l’adversaire et le dauphin d’un certain Armstrong (2004) avant d’en devenir l’équipier, et qu’il fut également en mesure de remporter l’épreuve (2006). Et là, les choses auraient été un tout petit peu différentes pour la notoriété de l’intéressé.

C’est d’ailleurs Paris-Nice, on y revient, onze plus tôt (2000), qui avait révélé celui qu’on pressentait comme un futur postulant à la victoire du Tour. Le chrono en côte remporté au Col d’Eze, et là oui ce fut une surprise autant qu’une révélation, avait donné à Klöden la victoire finale ; et cela resterait une sorte de fulgurance, puisqu’il se revêtit des rugueux habits de l’oubli pendant quelques saisons, jusqu’à revenir au premier plan en 2004 - à l’image d’une carrière fluctuante et irrégulière qui ne l’a pas aidé davantage que son caractère assombri à se forger une image durable de champion qu’on aime. Et sur ce Tour 2004 qui le vit prendre l’ascendant sur son chef d’équipe Ullrich, n’est-ce pas lui qui disputa férocement la victoire à Armstrong à Bourg-d’Oisans ?

Alors la victoire d’étape de Klöden, même si elle ne débouchait pas sur la victoire du classement général, n’est pas de celles qu’on peut sous-estimer. C’est celle d’un grand coureur.

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