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Tour d’Italie 2011

L’implacable Giro de Contador

Etapes 17 à 21

dimanche 29 mai 2011, par Raphaël Watbled

On n’avait pas vu telle emprise depuis le Giro qu’Ivan Basso avait insolemment écrasé, en 2006. Certes, Alberto Contador ne renvoie pas son dauphin à près de 10 minutes comme l’avait fait Basso, mais il enregistre sa plus ample avance pour son sixième Grand Tour victorieux : Scarponi est à 6’10, Nibali à 6’56. C’est la plus nette et la plus indiscutable de ses victoires. Son grand oeuvre.

A ceux qui auraient tendance à penser que Contador a l’habitude d’anéantir la concurrence, il faut en effet rappeler qu’il a remporté trois de ses six Grands Tours avec moins d’une minute d’avance seulement. Hormis le Tour de France 2009, Contador n’a jamais eu la tâche très aisée. On se rappelle le dernier Tour de France, où Andy Schleck a fait jeu égal, à peu près, avec lui (39 secondes). Pour le Tour de France 2007, après l’éviction de Michael Rasmussen, il dut contenir Cadel Evans (23 secondes) et Levi Leipheimer (31 secondes) qui manquèrent de renverser la situation dans le dernier chrono. Dans la Vuelta 2008, il n’a gardé que 43 secondes de marge sur son équipier Leipheimer.

Ce Giro 2011 est en revanche sans partage. Le profil hyper-montagneux de l’épreuve a favorisé un Contador qui n’a jamais faibli. Le classement était à peu près décidé à la moitié de la course. Très dominateur mais pas cannibale, l’Espagnol n’a certes pas économisé ses forces, mais n’a pas cherché non plus à humilier le peloton, laissant gagner Rujano ou Tiralongo quand il n’aurait pas tiré grand avantage à les devancer sur la ligne.

Michele Scarponi, attendu comme outsider au regard de son étincelant début de saison, ne pouvait pas soutenir la comparaison mais se propose en excellent dauphin au prix d’une lutte jusqu’à Milan avec Vincenzo Nibali ; son meilleur classement, loin d’être inutile dans la perspective d’une possible disqualification, a posteriori, de Contador, si l’affaire du clenbutérol tournait à son désavantage.

José Rujano fait son grand retour au premier plan en donnant la réplique à Contador sur les cols les plus durs. La sensation française, c’est John Gadret, époustouflant quatrième du classement final, et qui a tenu le choc des trois semaines sans faillir, évoluant au niveau des meilleurs coureurs de ce Giro.

La déception, c’est Denis Menchov, seulement huitième. Un classement certes pas déshonorant mais pas à la hauteur des espérances pour l’ex-vainqueur de l’épreuve. Le Russe a été assez fantomatique quand on pouvait espérer un podium.

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