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Milan - San Remo 2011

Un jeu de Goss

lundi 21 mars 2011, par Raphaël Watbled

Lorsque Milan - San Remo atteint sa tension maximale, à un peu moins de 10 km de l’arrivée (et après 280 longues bornes), six messieurs répertoriés dans le catalogue des meilleurs coureurs du monde se dégagent de la masse et pourraient se disputer la victoire. Mais quelques éléments perturbateurs subsistent, à savoir :
1) une meute à leurs trousses, réduite à peau de chagrin et dont ils viennent de s’extirper
2) un homme encore seul en tête (survivant de l’échappée qu’ils viennent de rejoindre)
3) un autre garçon sorti avec eux qui parasite considérablement leurs chances - nous y reviendrons.
Mais dans la descente du Poggio, ils font l’écart. Milan - San Remo pourrait se dispenser d’un sprint massif ! Ces six messieurs, qui sont précisément sortis pour récupérer coûte que coûte les échappés qui persistaient, sont :

- Vincenzo Nibali, vainqueur sortant de la Vuelta, polyvalent, le premier à avoir rejoint les échappés et qu’il ne fallait pas laisser faire le trou,
- Philippe Gilbert, bouffeur de classiques, manifestement très très fort, qui a peut-être un peu tardé à sortir du peloton,
- Fabien Cancellara, moteur très bien huilé, surpuissant,
- Filippo Pozzato, éternel déçu,
- Alessandro Ballan, ex-Champion du monde, en quête d’un succès pour rebondir,
- Michele Scarponi, très en verve en ce moment.

Dans la meute qui tente encore de les reprendre, et qui se compose d’environ quinze bonshommes après s’être effilée dans le Poggio, on trouve notamment, pour les plus dangereux en cas d’arrivée groupée :

- Alessandro Petacchi,
- Heinrich Haussler,
- Peter Sagan,
- Jose Rojas,

L’homme encore seul en tête se nomme :

- Greg Van Avermaet, et il se démène

Aux six messieurs de haute qualité nommés précédemment, s’ajoutent deux échappés repris qui se sont dit qu’ils pourraient jouer l’arrivée avec eux, tant qu’à faire :

- Yoan Offredo, intenable, mais qui n’a plus guère de chances,
- Stuart O’Grady, un sacré gaillard mais trop fatigué
(Steve Chainel n’y tenant plus, il a laissé filer)

Et l’élément qui parasite toute cette affaire, évoqué en préambule :

- Matthew Goss, l’un des hommes les plus rapides, Australien (cet aspect influe peu sur le cours des choses en cet instant précis), en forme (récent vainqueur d’étape à Paris-Nice par exemple), jeune et vigoureux, et qui, surprise, s’est joint aux six messieurs du début de cet article. C’est le loup dans la bergerie. Qu’est-ce qu’il fait là, celui-ci ? Eh bien, l’invité-surprise du groupe d’élite n’était pas si imprévisible au regard de sa relative capacité à bien passer les bosses quand cela peut s’avérer utile.

Lorsque Milan - San Remo atteint sa tension maximale, à un peu moins de 10 km de l’arrivée, donc, les six messieurs, qui ont emmené Offredo et O’Grady, qui s’apprêtent à rattraper Van Avermaet, et qui devraient ne plus se laisser rejoindre par la meute, ont de quoi s’inquiéter de voir, avec eux, Matthew Goss.

Quoi qu’il en soit, il est très beau de voir la Primavera se jouer en dehors d’un sprint de masse, en comité restreint, constitué d’une élite mondiale.

Et s’ils se sont inquiétés de voir Goss, alors ils ont eu raison. Quelle résistance pouvait-on lui opposer ? Cancellara sait finir en surpuissance mais sur ce coup, il était un peu trop limité. Non, il n’y avait rien à faire, l’Australien s’est joué d’eux, comme un Goss.

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