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Pyrénées : la bande des huit

samedi 26 octobre 2013, par Raphaël Watbled

Retour sur le Tour 2011. Notre dossier complet sur Histoire du Tour 2011.

Les Pyrénées n’eurent pas l’effet escompté. Il n’y eut pas de grand ménage, tout juste un coup de balayette. A défaut de savoir quel était l’homme fort de ce Tour à la sortie du massif, on découvrit au moins lesquels ne l’étaient pas, et lesquels avaient une chance de se disputer plus tard ce privilège. Après l’arrivée au Plateau de Beille, la liste des vainqueurs possibles était en effet circonscrite à huit hommes, sauf rebondissement : Voeckler, Fränk Schleck, Evans, Andy Schleck, Basso, Samuel Sanchez, Contador et Cunego, dans l’ordre du classement au soir de la quatorzième étape. Ces huit coureurs, alors tenus en quatre minutes, et qui furent d’un niveau globalement égal au cours de la traversée pyrénéenne, se distribueraient effectivement les huit premières positions à Paris. Au niveau immédiatement inférieur se côtoyait une petite quinzaine d’hommes prêts à réclamer un accessit et qu’on attendrait au tournant des Alpes. Six d’entre eux, dont trois Français, pouvaient même lorgner le Maillot blanc de meilleur jeune : Uran, Taaramaë, Rolland, Jeannesson, Ruijgh et Coppel. En vérité, les vingt premiers à la sortie des Pyrénées seraient aussi les vingt premiers à Paris, à l’exception de Uran, Roche et Casar, remplacés par Coppel, Vande Velde et Hesjedal.

Non, les Pyrénées n’eurent pas l’effet escompté. Quelques coureurs seulement s’inclinèrent, ce qui permit à peine d’y voir plus clair. Le vainqueur de Paris-Nice, Tony Martin, en dégringolade, déçut ses louangeurs qui espéraient le voir jouer les premiers rôles dans la montagne. Plusieurs fois en alerte durant la première dizaine, Robert Gesink perdit une demi-heure et son Maillot blanc. Logiquement, Philippe Gilbert s’éclipsa des premières positions, même si l’on entendait certains de ses compatriotes l’encourager à se bonifier en montagne. Sans sombrer, Peter Velits, Vladimir Karpets, Nicolas Roche, Christian Vande Velde cédèrent trop de temps pour espérer encore une place d’honneur. Ryder Hesjedal et Levi Leipheimer, qui limitèrent les pertes et remontèrent même dans le classement, avaient perdu beaucoup trop de temps avant la haute montagne. Quant à lui, Andreas Klöden abandonna tristement entre Pau et Lourdes après avoir subi un revers à Luz-Ardiden. L’équipe RadioSchack s’en trouvait laminée.

Quatre chétives minutes pour séparer le premier du huitième au soir de la 14ème étape, et pas d’idée très claire sur la véritable hiérarchie : quatre cols hors catégorie, trois cols de première catégorie, deux arrivées au sommet ne suffirent donc pas à épurer davantage le classement du Tour. Il n’y eut pas de champion dominateur pour imposer sa loi aux autres et les Pyrénées en restèrent moroses. La traversée ne fut cependant pas totalement dépourvue d’intrigue, et l’on pouvait retenir le rôle de sept protagonistes, dont les diverses influences orientèrent l’impression qu’on pouvait avoir de la course :

-  Thomas Voeckler, pour avoir préservé le Maillot jaune contre toute attente et contre son propre pronostic. Inattendu à ce niveau de compétition, il se fit l’égal des favoris et ne perdit presque rien de son avance, insinuant avec malice qu’il fallait impérativement revoir les prévisions. La résistance renversante de l’Alsacien troubla le jeu des meilleurs et fit naître un doute sur ses nouvelles ambitions.

-  Jelle Vanendert, pour son éclatante révélation. Totalement inconnu du grand public, le long grimpeur belge démontra sans couardise en gagnant au Plateau de Beille que sa deuxième place à Luz-Ardiden deux jours plus tôt n’avait rien d’anecdotique.

-  Samuel Sanchez, pour avoir opéré une remontée qui avait tout d’inquiétant en vue des Alpes. Premier à Luz-Ardiden, deuxième à Beille, le Champion olympique fut celui des outsiders à reprendre le plus de temps aux autres.

-  Jérémy Roy, pour son inlassable détermination à faire la course en tête. Echappé permanent, attaquant quotidien, le baroudeur passa encore la majeure partie des Pyrénées devant le peloton et fut condamné à une navrante frustration à Lourdes, où la victoire lui fut confisquée par le Champion du monde.

-  Thor Hushovd, pour la leçon de cyclisme rendue dans la descente de l’Aubisque et la correction infligée à Roy et Moncoutié.

-  David Moncoutié, pour le rôle très inconfortable dont il fut investi dans l’échappée de Lourdes et qui lui valut une salve de reproches et une défaite assurée pour récompenses.

-  Fränk Schleck, pour avoir été le premier des favoris à prendre une initiative sérieuse quoique tardive sur la route de Luz-Ardiden.


La suite sur Histoire du Tour 2011.

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