Tour du Haut-Var : Marc Lotz à travers la tempête

samedi 21 février 2004.
 

Le 36e Tour du Haut-Var témoignait par les coureurs qu'il a amenés à lui de son prestige. La 1e épreuve de la Coupe de France est en effet une course relevée, qui consacre en principe de beaux champions. Son parcours accidenté dans un Var en montagne russes a de quoi décourager ceux d'entre les coureurs qui n'auront pas pris leur entraînement très au sérieux. Au départ, le vainqueur sortant Chavanel se trouvait face à la brochette des Bettini, Camenzind, Brochard, Virenque, Celestino et autres Rebellin.

Le Tour du Haut-Var, une course accidentée et ardue !

Mais au départ, c'est surtout la couleur du ciel et la vitesse du vent qui pouvait susciter des inquiétudes. La nuit avait été pour le moins tempétueuse, et la pluie n'a fait sa trêve que quelques instants avant l'heure du départ. Des nuages d'un rouge saharien plongeaient Draguignan dans une ambiance initmidante. C'est donc dans des conditions, certes améliorées, mais encore détestables, que le peloton a tenté de se disputer un Tour du Haut-Var qui a bien vite découragé les moins téméraires. La route trempée justifiait l'état boueux des coureurs qui auront eu le courage de rallier l'arrivée. Le froid n'était pas non plus ce qu'il y avait de meilleur.

C'est ainsi que seulement 43 des 200 coureurs engagés sont parvenus à la ligne, et c'est heureux qu'il n'y ait pas eu de chute mauvaise sur les pavés ruisselants que traversait le peloton dans certains villages du département. Et si ceux qui étaient encore en course après 110 km avaient encore l'air dans des dispositions relativement acceptables, les derniers rescapés à l'arrivée finirent en ordre dispersé, les jambes noires et la boue aux lèvres.

La poignée échappés que nous aurons pu voir pendant quelques moments à l'avant n'aura pas su se maintenir en tête, et c'est peut-être mieux pour ce malheureux Grégory Rast qui, dans un virage à Bargemon, surpris par une toute petite côte inattendue, brisa son dérailleur alors qu'il roulait pour ce groupe d'échappés. Impuissant, il put comme un spectateur dépité assiter au déferlement de toute la caravane et ce n'est qu'après de longues minutes qu'il put reprendre la route.

Les bons échappés du jour seront ces cinq hommes partis plus tard, à l'approche pluvieuse de l'arrivée : Bessy, Leipheimer et Lotz, Fofonov et Devolder, cinq hommes aux talents honorables, pas forcément tous très connus, mais bons rouleurs et parfaitement efficaces.

Dimitri Fofonov, un nom à retenir
La présence de Dimitri Fofonov ne nous aura pas surpris, lui qui est assez en vue en ce début de saison. La victoire du Tour du Haut-Var ne se jouerait donc pas entre immenses pointures (hormis peut-être Leipheimer, excellent coureur de Grands Tours) mais le public aurait la chance de voir s'exprimer des hommes méritants qu'on aime bien voir aussi.

Et si la notoriété de Marc Lotz n'est pas flagrante, la victoire qu'il acquerra au sprint sur ses quatre compagnons aura le mérite de la clarté. Le Néerlandais n'est pas accoutumé à la victoire, mais l'équipier modèle peut être fier d'orner ainsi son palmarès.

Marc Lotz, ravi de cette victoire
Lotz avait le sourire sur le podium, contrairement à son dauphin, ce surprenant Fofonov, présent ici un an après la performance semblable de son compatriote Kivilev, mort quelques semaines plus tard sur Paris-Nice. Un autre qui paraissait bien content était Devolder, troisième de l'épreuve, qui a raflé tous les prix de meilleur grimpeur de cette course ardue. En outre, Fofonov devient leader de la Coupe de France pour être le premier des coureurs appartenant à une formation française.

Stijn Devolder, meilleur grimpeur

Par ailleurs, signalons qu'au Tour d'Algarve, Lance Armstrong qui faisait sa rentrée peut n'être pas déçu du voyage : il a tout simplement gagné le contre-la-montre de 24km sur un vélo prototype qui a passablement intrigué. Il a battu ses équipiers Landis et Pena de 1 et 12 secondes. L'Américin revêt ainsi le maillot de leader. Cette performance précoce juge d'un très bon état de forme, qu'il faudra surveiller.

Classement
1. Marc LOTZ (PB, Rabobank), les 180 km en 4h49'13
2. Fofonov (Cof)
3. Devolder (USP)
4. Bessy (Cof)
5. Leipheimer (Rab), à 00'10
6. Rebellin (Ger), à 1'10
7. Celestino (Sae), à 1'10
8. Tankink (Qui), à 1'10
9. Iannetti (Dom), à 1'10
10. Caucchioli (Ale), à 1'12
11. Kashechkine (CA), à 1'12 ; 12. Kolobnev (Dom), à 1'20 ; 13. Bettini (Qui), à 1'23 ; 14. Coenen (Pal), à 1'23 ; 15. Camenzind (Pho), à 1'23 ; 16. Pellizotti (Ale), à 1'23 ; 17. Van Huffel (Vla), à 1'23 ; 18. Chavanel (Bri), à 1'23 ; 19. Gentili (Dom), à 1'23 ; 20. Brochard (AG2r), à 1'23 ;
21. Brandt (Lot), à 2'20 ; 22. Verheyen (Cho), à 2'20 ; 23. Botcharov (CA), à 2'24 ; 24. Kobzarenko (Acq), à 2'24 ; 25. Le Mevel (CA), à 2'24 ; 26. Cheula (Vin), à 2'24 ; 27. Santambrogio (Lam), à 5'42 ; 28. Rinero (RAGT), à 5'42 ; 29. Pencolé (Okt), à 5'42 ; 30. Rohtmer (Mie), à 5'42 ;
31. Bodrogi (Qui, à 5'42 ; 32. Salmon (CA), à 5'42 ; 33. Gilbert (fdj), à 5'45 ; 34. Amorison (Qui), à 5'45 ; 35. Giunti (Dom), à 5'47 ; 36. Rogers (Qui), à 5'47 ; 37. Lamouller (Aub), à 7'01 ; 38. Bruylandt (Cho), à 9'15 ; 39. Mutsaars (Rab), à 13'28 ; 40. Wegmann (Ger), à 13'28 ;
41. Casar (fdj), à 13'28 ; 42. Poilvet (CA), à 13'28.
hors délais : Goubert (AG2r), à 19'54.


Répondre à cet article

Forum de l'article