Encore une raison de se sentir triste...

jeudi 11 mars 2004.
 
On connaît tous ce très beau film de Vittorio de Sica le voleur de bicyclette où un malheureux chômeur est contraint de voler un vélo pour obtenir et emploi. Cela n'est pas une excuse, mais on peut admettre quelques circonstances plus ou moins atténuantes. Mais que dire quand après une réunion au cours de laquelle on a précisément rappelé toutes les qualités civiques et hygiéniques que réunissait sur son faible cadre notre chère petite reine, que dire quand on découvre que la petite reine a été brutalisée et enlevée par d'infâmes malfrats ? Comment peut-on s'en prendre à un vélo ? Véhicule innocent, objet de pauvre, petite mécanique sans défense. Ah ! les lâches. Les rues sont pleines d'autos rutilantes et pestilentielles qui coûtent vingt ou trente fois le prix de mon petit vélo, mais non ! c'est lui que l'on vole. Cet allongement de mes pieds, ces cales à mes mains, ce multiplicateur de mes muscles, ce complément de tout mon être en quelque sorte, on me l'enlève. Sait-on ce que ressent le malheureux possesseur de bécane dépossédé ? Sait-on l'amitié et la complicité de ces deux voyageurs silencieux qui s'appuient l'un à l'autre ? Alors, si vous croisez dans les rues d'Aix-en-Provence un élégant vélo vert bouteille muni de garde-boue blancs, d'un regard triste, d'une trompette malicieuse et de serviettes en papier, prenez-le par le guidon et ramenez-le à Raphael, c'est le sien !

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