Record du monde de l’heure - rétrospective / 1

Moser inaugure la nouvelle ère

Le record de l’heure de 1984 à 2000
mardi 30 mars 2004.
 
Ce dimanche 4 avril, Graeme Obree veut se relancer à l’assaut du record de l’heure . Cette ambitieuse entreprise nous redonne l’occasion de nous pencher sur l’histoire récente mouvementée de ce record. Jusqu’à dimanche, nous reviendrons sur les différentes péripéties de ce record de 1984 à aujourd’hui.

C’est avec Francesco Moser que s’ouvre une nouvelle ère dans l’histoire du record de l’heure, période saugrenue qui aura duré 16 ans, de 1984 à 2000. A un moment où cette star vieillissante du cyclisme italien redoutait une retraite proche, toute une équipe médico-scientifique convainc ce champion de 32 ans de s’attaquer au record détenu par Eddy Merckx, quasiment inaccessible (49,431km) C’est un groupe de travail extrêmement performant, aux recherches très pointues, qui a préparé Moser pendant plusieurs mois à ce projet jugé vain par Merckx et Gimondi eux-mêmes.

Toute une équipe médico-scientifique pour le record

Cet accord incroyable entre Moser et les hommes de science donna lieu à une aventure impressionnante qui, du reste, brassa des sommes astronomiques, destinées à des recherches poussées, lequelles avaient pour objectif d’assurer la réussite de l’Italien, en trouvant les conditions et le vélo idéaux. La nouveauté consiste à envisager d’un bloc le couple cycliste-vélo, plutôt que de privilégier les capacités de l’homme. On recherche le meilleur Cx, soit le meilleur coefficient de pénétration dans l’air. Sous la direction du Dr Sorbini, de nombreux médecins travaillèrent à ces recherches autour d’un poulain, Moser. L’approche traditionnelle du cyclisme était écartée. Parallèlement, Francesco Moser se soumit à une préparation physique organisée de grande ampleur. On expérimenta plusieurs prototypes, au long d’une patiente démarche.

Puis fut adopté ce vélo étrange, au cadre plongeant, prévu pour que le poids du coureur se porte essentiellement sur la roue arrière, plus grande que la roue avant ; toutes deux étaient lenticulaires, en fibre de carbone. Ces recherches approfondies furent couronnées de succès le 19 janvier 1984 à Mexico. Le choix de Mexico devait naturellement contribuer à alléger les contraintes de la gravité . Recouvert d’une combinaison intégrale, avec un braquet de 56*15, le champion devait s’élancer pour un essai de vingt minutes mais, constatant que la vitesse de croisière était incroyablement élevée, Moser poursuivit son aventure du jour, si bien qu’il roula une heure, à l’issue de laquelle le record de Merckx était très nettement battu : 50,808 km.

Sans attendre, Moser annonça qu’il voulait recommencer. C’est ainsi que le 23 janvier 1984, cette fois sur un braquet de 57*15 (8,27m de développement), et malgré des rafales de vent qui vinrent le perturber, Moser parcourut 51,151 km dans l’heure. Ces progrès de la technologie commencèrent d’embarraser les législateurs qui percevaient bien les dérives possibles. Moser venait d’inaugurer un nouveau cyclisme.

Notre rétrospective « Le record de l’heure de 1984 à 2000 :
lundi : introduction générale
mardi : Moser inaugure la nouvelle ère
mercredi : Obree et Boardman lancent la fièvre du record
jeudi : Boardman ressemble à Superman
vendredi : L’invention de la « Meilleure Performance dans l’Heure »
samedi : le Record Absolu : un nouveau défi


Répondre à cet article

Forum de l'article