Record du monde de l’heure - rétrospective / 2

Obree et Boardman lancent la fièvre du record

Le record de l’heure de 1984 à 2000
mercredi 31 mars 2004.
 
Ce dimanche 4 avril, Graeme Obree veut se relancer à l’assaut du record de l’heure . Cette ambitieuse entreprise nous redonne l’occasion de nous pencher sur l’histoire récente mouvementée de ce record. Jusqu’à dimanche, nous reviendrons sur les différentes péripéties de ce record de 1984 à aujourd’hui.

Le record de Francesco Moser , maintenu pendant neuf ans, n’avait de chance d’être battu qu’au prix d’une innovation technologique. L’homme seul, sur vélo traditionnel, n’est probablement pas encore en mesure de faire mieux que 51,151 km dans l’heure. Les vélos, dans cette ère nouvelle, seront donc les appuis principaux à ses records. Graeme Obree et Christopher Boardman avaient bien compris cela. C’est grâce à eux que le vieux record de Moser s’abattit deux fois en une semaine.

Obree le fantaisiste

Obree, amateur écossais, était parfaitement inconnu. Son ardent désir était d’attirer l’attention d’une équipe professionnelle pour s’extirper du chômage. Ce formidable fantaisiste apparut donc dans le décor du cyclisme avec un vélo invraisemblable de sa propre fabrication. La méthode Moser était très loin ! De plus, il n’irait pas en altitude. Son vélo démentiel était doté d’un cadre sans tube transversal, d’un guidon de VTT pour enfants reconverti, et d’un pédalier confectionné à l’aide de pièces d’une machine à laver… ! ! Le plus original fut de voir le champion posé sur son vélo : sa position révolutionnaire était complètement inédite et ne fut jamais renouvelée. L’homme était devenu fusée ! Le buste complètement couché sur le vélo, les bras pliés à l’horizontale, la gorge au niveau du guidon, le menton dans l’axe vertical du moyeu de la roue avant, Obree avait inventé la position ventrale. Très en avant sur le vélo, il était obligé de pousser sur les pédales vers l’arrière. Avec son braquet de 52*12 (9,25 m de développement), il parvint tout bonnement à accomplir 51,596 km dans l’heure le 17 juillet 1993.

Six records en seize mois

Le 23, c’est le Britannique Chris Boardman, lui aussi inconnu alors, qui, dans une position plus othodoxe, fit à nouveau tomber le record, et le porta à 52,270 km. Les deux hommes venaient de prouver coup sur coup que le record ne nécessitait pas des millions dépensés ni des voyages outre-atlantique. Le record d’Obree fut, à cet égard, une démonstration éloquente, puisqu’elle ne lui avait presque rien coûté. En revanche, les positions expérimentées risquaient encore et toujours de devenir de plus en plus surréalistes. C’est pourquoi la position Obree fut interdite.

Graeme Obree reprit son titre en 1994, avec 52,713 km. Mais une ferveur nouvelle s’empara des champions rouleurs, et c’est Miguel Indurain en personne qui accomplit 53,040 km la même année, avant que Tony Rominger ne réalise à peine plus tard un double exploit : coup sur coup, il roula 53,832 puis 55,291 km. Ce dernier record retentit comme un coup de tonnerre : en moins de deux ans, on avait ajouté 4,14 km au record de Moser ! Les positions sur le vélo réglementées après le record d’Obree, étaient dès lors très similaires, très aérodynamiques, mais rien ne contraignait encore lourdement les vélos à des règles draconiennes. Toutefois, deux nouveautés limitaient les fantaisies : le recul minimal du bec de selle (5 cm à l’arrière d’une verticale passant par l’axe du pédalier) et le point d’appui des mains (ne pouvant être situé en arrière de la colonne de direction).

Notre rétrospective "Le record de l’heure de 1984 à 2000" :
lundi : introduction générale
mardi : Moser inaugure la nouvelle ère
mercredi : Obree et Boardman lancent la fièvre du record
jeudi : Boardman ressemble à Superman
vendredi : L’invention de la « Meilleure Performance dans l’Heure »
samedi : le Record Absolu : un nouveau défi


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