Les performances successives de Obree, Boardman, Indurain et Rominger en 1993 et 1994, amenèrent allègrement le record de l’heure de 51,151 à 55,291 km. L’UCI était fort embarrassée de constater une sorte de course aux armements destinée à trouver le vélo idéal, au détriment de l’orthodoxie vélocipédique. La position ventrale et surréaliste de Graeme Obree de 1993 fut interdite, mais les deux nouveaux points de réglementation n’interdisaient pas de multiples innovations techniques. Ainsi, Rominger avait roulé sur un vélo doté d’une fourche asymétrique destinée à mieux négocier les virages et à opposer une meilleure résistance à la force centrifuge.
Le record de Rominger constitutait un exploit spectaculaire, car la barre des 55 était tombée avec facilité. Entretemps, Christopher Boardman s’était imposé comme un véritable spécialiste de l’effort solitaire. Le record de l’heure, quoique placé très haut, pouvait encore redevenir sa propriété. C’est ainsi que le 6 septembre 1996 à Manchester, sur un vélo original permettant une nouvelle position allongée, mais respectant la nouvelle réglementation, le Britannique put mettre à profit un gain de 6 à 7% dans le coefficient de pénétration dans l’air. La performance de Boardman fut proprement ahurissante, puisque le nouveau record était porté à 56,375 km. Ce chiffre connut un retentissement incroyable, et ouvrit la perspective des 60 km dans l’heure pour ceux qui pensaient qu’on pouvait encore et toujours faire mieux, parmi lesquels Tony Rominger.
Notre rétrospective "Le record de l’heure de 1984 à 2000" :
lundi : introduction générale
mardi : Moser inaugure la nouvelle ère
mercredi : Obree et Boardman lancent la fièvre du record
jeudi : Boardman ressemble à Superman
vendredi : L’invention de la « Meilleure Performance dans l’Heure »
samedi : le Record Absolu : un nouveau défi