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Tour d’Italie

Le premier Mortirolo de Cunego

samedi 29 mai 2004

Une formule consacrée assurerait normalement que « sauf accident, Damiano Cunego a course gagné ». Son talent et sa fougue s’ajoutant à sa forme éblouissante, le Maillot Rose devrait être à l’abri. Mais il lui faut encore composer avec ses adversaires pour une journée primordiale, celle du terrifiant Mortirolo, col absolument éprouvant, long de 13 km à 10,3% de moyenne. Sa pente propose un passage à 18%, des kilomètres à 14,5% de moyenne, pour monter jusqu’à 1855m d’altitude. C’est la première fois que Cunego aura affaire à ce géant.

Certes, le Mortirolo, rebaptisé pour l’occasion sommet Pantani ne sera qu’un hors d’œuvre. Suivront le Vivione et le Passo della Presolana à l’issue desquels le Giro 2004 connaîtra en principe l’image définitive du classement général. Fort de 4 victoires d’étapes, auteur d’un coup d’état audacieux contre son propre capitaine Simoni, Cunego tient une forme exceptionnelle. Si on l’imagine mal défaillir après sa prestation générale, une déconvenue, toujours possible pourtant, peut tout aussi bien lui faire rater le Tour d’Italie au plus mauvais moment, à savoir le dernier.

Il est bien envisageable que ce diablotin gagne l’étape du jour, pour mieux écraser cette épreuve qu’il domine assez largement. Il n’a pas creusé d’écarts vertigineux, mais il est nettement au-dessus du lot. Pour pouvoir espérer contester cette suprématie, son adversité doit passer à l’offensive, et ne peut certainement pas se contenter, comme on le voit souvent depuis quelques années, d’attaquer dans la dernière ascension, car son avance est trop confortable.

Et l’adversaire le plus dangereux ou le plus amer de Cunego pourrait bien être son équipier et chef de file théorique, Gilberto Simoni qui ne digère pas très bien d’avoir été bousculé par son gregario dans une course qu’il devait gagner pour la 3e fois. Son attaque hier dans le Bormio n’a rien donné mais témoigne de son désir de disputer la victoire au petit prodige.

Le divorce est consommé entre Cunego et Simoni. Celui-ci s’autorise l’offensive. Celui-là ne laisse même pas au double vainqueur la possibilité de gagner une étape de prestige, comme on l’a vu hier. En quelque sorte, Simoni est humilié. Mais s’il passe à l’attaque, quelle sera l’attitude des autres hommes de la Saeco : la défense de Cunego contre Simoni, la protection de Simoni leader attaquant ou la neutralité absolue ?

Hormis Simoni, Sergueï Gontchar est encore assez près de Cunego au général, mais l’Ukrainien est en principe incapable d’une offensive sérieuse en haute-montagne, quoique ses prestations pour le moment y soient extrêmement honorables. Il est probable qu’il concède du terrain et qu’il laisse sa 2e place à Simoni. Popovich peut encore espérer monter sur le podium, ainsi que l’étonnant Cioni, très en forme.

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