En 2000 à Sydney, Jan Ullrich avait été battu de 8 secondes par Ekimov. Certes le Russe est un spécialiste reconnu du contre-la-montre, mais il avait créé la surprise avec ce titre un peu tardif. A 38 ans, désormais, il n'est vraisemblablement plus en mesure de renouveler son coup d'éclat. En l'absence d'Armstrong à Athènes, le seul supposé pouvoir le battre, Ullrich est donc ici le grand favori pour le titre olympique du contre-la-montre. Les challengeurs ne manquent pas, avec Rogers, Rich, Bodrogi, Gutierrez, Honchar, Hamilton… Mais la classe naturelle d'Ullrich et sa puissance colossale en font le favori évident. Rouleur-grimpeur, le champion allemand dispose d'une force brute invraisemblable qui fait de lui un spécialiste énorme de l'exercice solitaire. Double Champion du monde du contre-la-montre (1999 et 2001), vainqueur de plusieurs chronos au Tour de France, il aura à cœur d'effacer sa grande déception du dernier Tour, où il est passé à côté de son rôle de grand rival d'Armstrong (4e à Paris), en remportant l'épreuve olympique de mercredi. Champion olympique en ligne en 2000, il a perdu son titre samedi au profit de Bettini. C'est à lui de jouer maintenant.
La course en ligne a récompensé le plus fort ; si le chrono fait de même, ce devrait être bon pour Ullrich, qui a pris l'habitude depuis 1998 de compenser son échec éternel au Tour de France par des victoires de prestige plus ou moins aisées (Vuelta 1999, Champion du monde du c-l-m 99 et 2001, Champion olympique 2000) Cette année devait être la sienne, celle de sa splendeur pleinement retrouvée au Tour de France, après le spectacle formidable qu'il avait offert au Tour 2003, en condition imparfaite. Il était désigné comme l'adversaire numéro 1 d'Armstrong, et plus que jamais, on l'annonçait possible vainqueur. Mais la disette continue, depuis 1997. En grande forme, affûté, il n'aura pas de grande difficulté en principe à se montrer le plus rapide sur le circuit de 24 km, le long de la mer Egée, à parcourir 2 fois. Le contre-la-montre a au moins ce mérite de ne pas demander un grand sens tactique, celui-là qui fait tant défaut à l'Allemand dans les courses en ligne.