Championnat de Zurich

Championnat de Zurich : Juan Antonio Flecha, ça lui pendait au nez

lundi 23 août 2004.
 

On n'est jamais ravi de voir une longue et grande course de Coupe du monde s'achever par un sprint quasi-massif. Ce n'est, comme qui dirait, pas fait pour. A l'exception, certes, deParis-Tours, le « Championnat du monde des sprinteurs ». Depuis de nombreuses années déjà, Milan-San Remo a banalisé les arrivées au sprint en dépit de son extrême longueur et du Poggio. Cette année est tout à fait particulière en ce qui concerne les Classiques, soit que l'attentisme des favoris ruine l'intérêt des courses, soit que les côtes fassent faillite dans leur vocation. On a ainsi vu un gros peloton de 40 coureurs à 15 km de l'arrivée du Tour des Flandres, après le sprint massif de Milan-San Remo et avant que 30 coureurs se présentent au pied de Huy à la Flèche Wallonne. Ce mois-ci, on n'a pas manqué le sprint massif du Grand Prix de Hambourg . Vraiment c'est un désagréable.

Le Championnat de Zurich n'aura pas dérogé à la grande règle de 2004. Il y eut pourtant des tentatives, mais le résultat est là, qu'en définitive, personne n'a su sortir seul ou en petit comité. Pourtant les deux grands duellistes attendus , les rivaux de la Coupe du monde Paolo Bettini et Davide Rebellin se sont un moment retrouvés en tête à tête, à l'approche de l'arrivée, mais c'était vain. Le tout nouveau Champion olympique , Bettini, a été remuant, ce n'est pas étonnant, c'est tout à son honneur. Oui, mais le problème est que, si l'on met de côté sa victoire olympique d'Athènes il y a dix jours, le Grillon a une fâcheuse tendance, cette année, surtout ce mois-ci, à terminer 2e. 2e au Grand Prix de Hambourg derrière O'Grady, 2e à la Clasica San Sebastian derrière Perdiguero, et 2e encore à Zurich, cette fois derrière Juan Antonio Flecha.

Le jeune Espagnol est donc le vainqueur, par sprint, de ce Championnat de Zurich, où il a déjoué les pronostics, après un sprint joué à une trentaine de concurrents. Flecha est connu pour sa victoire d'étape au Tour 2003, mais surtout pour son tempérament d'éternel baroudeur, attaquant inusable, qui a aussi de bonnes qualités dans les classiques du printemps, ce qui, du reste, est peu commun chez les Ibères. On l'a par exemple vu sur les pavés de Paris-Roubaix. Cet été, on l'a vu encore au Tour de France, évidemment. A 27 ans, la Flèche dispose de bonnes ressources sur tous les terrains, au sprint-la preuve en est faite-au baroud, sur le pavé, mais aussi dans le dernier kilomètre. Le coureur de la Fassa Bortolo est tout à fait homme à poser sa mine après la flamme rouge. Mais cette fois, point besoin de telle initiative. Il s'est payé le luxe d'arriver premier devant des hommes compétents. Et la bonne surprise est la 3e place de Jérôme Pineau. En fait, pas vraiment une surprise pour ce jeune Français qui, cette année, tient une très grande forme.

Quant à Flecha, le voici récompensé de tous ses efforts, solitaires ou en groupe. Il n'était pas le plus attendu, mais c'est un coureur de qualités qui gagne à Zurich. Pas forcément de la manière la plus excitante, mais après la victoire de Perdiguero à San Sebastian, on peut au moins apprécier de voir des nouvelles têtes.


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