Proclamons-le au monde entier : Ivan Basso n'a plus de complexes ! Depuis la retraite de Lance Armstrong, le beau grimpeur italien a des intentions messianiques, pourrait-on croire. Le glouton a choisi le Tour du Danemark pour s'empiffrer, et se remplir la panse de quatre étapes (pour l'instant)… Syndrome post-Armstrong ?
J'en aperçois, qui font encore leurs rabats-joie, et nous disent : bah, le Tour du Danemark, c'est bien joli…
Bon, soit, le Tour du Danemark n'est pas spécialement du genre à désigner catégoriquement les grands champions de la décennie suivante, mais ce n'est pas non plus une tournée de critériums. Vainqueur sur des terrains divers et même du contre-la-montre, Basso a largement rentabilisé ses efforts du Tour de France. Jan Ullrich n'a qu'à se tenir pour dit : entre les deux grands prétendants à la succession du Boss, la course aux victoires officielles est engagée !
Ach so ! Y a le Rital qui atomise les Danois, s'écrie le Germain à la veille de la Clasica San Sebastian. Il me nargue, le coquin.
Tu dois absolument gagner des classiques, Jan, lui répond ce vieux briscard de Godefroot.
Ullrich se décompose.
Walter, tu es fou ! (c'est Olaf Ludwig qui arrive catastrophé). Mais non, Jan, tu ne dois rien gagner, ne t'en fais pas.
![]() Ivan Basso |
Au même moment, Basso est content.
Qu'est-ce qu'il fait en ce moment, le Teuton ?
Il est tétanisé, s'esclaffe Bjarne Riis.
N'empêche… S'il gagne une classique, j'aurais l'air de quoi, moi, avec mon Tour du Danemark ?
Ullrich, gagner une classique ?
Les deux hommes se regardent, considérant cette supposition comme une sorte d'ineptie cosmique. Et éclatent de rire.