Parlez !

dimanche 27 mai 2007.
 

Nous avions montré notre déception devant les prétendus aveux d'Ivan Basso, dont la pseudo confession est définitivement peu honorable. Le champion italien a manqué une occasion de se grandir.

Les événements survenus en cascade depuis, en revanche, ne sont pas à considérer comme des anecdotes ou des affaires de plus. Ils sont au contraire, en quelque sorte, des affaires qui se résolvent. Et surtout, ils sont l'opportunité de crever la baudruche. Les aveux qui s'enchaînent sont une invitation à ce que d'autres prennent le témoin et assurent le relais. Bjarne Riis n'a pas surpris grand monde en reconnaissant avoir abondamment consommé de l'EPO, mais il officialise une vérité qui, évidemment, ne le concerne pas isolément, mais plutôt le système entier.

Il fait maintenant achever de convaincre ceux qui en sont encore à croire que Riis, Festina ou Telekom sont des brebis galeuses. Il convient de faire perdre leur crédit aux instances qui s'obstinent, aveu après aveu, à faire croire que ce sont des exceptions qui sont révélées. Si Riis ne mérite pas la victoire du Tour 96, personne d'autre ne mérite davantage la sienne.

Qu'on retire sa victoire à Riis : belle illusion. Qu'on laisse la ligne 1996 vacante : à quoi bon désormais ? Si Riis a souillé le Tour, ils l'ont tous fait de concert. Y compris ceux qui dénoncent le Danois comme un dopé parmi les sains. Il y a une grande inconvenance à s'offusquer à chaque aveu. Formidable podium du Tour 96 ! Formiables podiums des Tours jusqu'à ce jour. Faut-il que tous, l'un après l'autre, fassent leur aveu circonstancié pour que soit admise la vérité morbide du peloton ?

Erik Zabel, Bjarne Riis et les autres vous invitent, Messieurs, cyclistes, mais aussi directeurs sportifs, patrons d'épreuves et présidents de férédations, à dire au public que vous savez tout, et que ce n'est pas glorieux.


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