Une affaire de statistiques

vendredi 6 juillet 2007.
 

C'est très chouette, le Tour de France 2007 va commencer. C'est la folle ambiance au royaume des vélos. Rarement on a connu telle exubérance avant l'événement majeur et parfaitement excitant du calendrier cycliste.

Tenir la chronique sur cette tribune n'est pas chose aisée dans un tel contexte de béatitude et d'extase vélocipédique. Le bonheur a pris des proportions inconsidérées dans le milieu du cyclisme professionnel sur route, à tel point que la prose des meilleurs chroniqueurs, en comparaison, a pris un vilain tour, impropre à rendre compte des émotions, inapte à commenter les exploits, incapable de dire la joie des aficionados.

Bref, l'atmosphère est à l'orgasme collectif.

Le frisson de jouissance qui parcourt la bicyclette est prête à multiplier son onde voluptueuse à la victoire finale de Vinokourov ou de Valverde à Paris.

Car après tout, dans cette série de secousses de plaisir, qui acceptons-nous de traiter en favoris d'un Tour de France qui s'offre d'avance à la transcendance absolue de notre sport fétiche ?

Grand dommage que Petacchi, empêché par un fâcheux contrordre, ne puisse amuser la galerie avec ses jetés supersoniques habituels. Dommage également que Piepoli ne puisse pas faire vibrer les montagnes, ni Riis les oreillettes. Il y a des impondérables, sans lesquels on aurait encore Ullrich sur les feuilles de départ et Landis en super-favori, avec Basso pour tombeur annoncé.

Quelles joies mes amis !
Selon les statistiques, il subsiste encore une chance, non négligeable, sur un nombre d'un certain ordre de grandeur, que le vainqueur du Tour 2007 n'échoue pas à l'enchaînement des tests anti-dopage.
Alors quel sera-t-il, ce cocu ?

A l'heure des pronostics qui préfèrent Vinokourov, voire Valverde, Vélochronique pose son jeton sur Klöden. Car après tout, il faut savoir prendre des risques. D'un point de vue strictement athlétique, Andreas Klöden a de nombreux atouts auprès de lui pour faire plier la concurrence. Le Tour 2007 est à sa portée, et gageons qu'il peut être le premier. D'un point de vue strictement factuel, il conserve un réservoir de chances pour n'être pas rattrapé par une affaire avant les Champs-Elysées.

Tout vainqueur du Tour de France 2007 non gagné par une affaire (concernant le Tour 2007 ou pas) sous un délai de sept jours après l'arrivée à Paris sera considéré comme vainqueur définitif. C'est sous cette condition évidemment, que nous posons d'emblée, que nous annonçons donc Klöden comme notre favori pour le palmarès.

Quant à Pereiro, le lauréat fantôme d'un Tour 2006 qui pourrait bien lui filer sous le nez, il lui faudrait bien de la ténacité et du courage pour affronter la suspicion s'il arrivait, sans circonstance exceptionnelle (échappée fleuve, disqualification des vingt premiers,…), à reproduire sa performance de l'an dernier.


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