Humour

César ou le véritable inventeur du vélo

Tragi-parodie en une scène
jeudi 4 décembre 2003.
 
VéloChronique rétablit ici la vérité sur une page mal connue de l'Histoire. C'est bien Jules César qui est le véritable inventeur du vélo, et il fut assassiné pour cette invention. Voici la pièce qui retrace les derniers instants du dictateur romain. Attention : puristes littéraires s'abstenir.

OCTAVE

César ! César ! enfin, je te vois…

CÉSAR

Cher Octave !

Tu m'inquiètes par ton œil rouge et ton air grave !

OCTAVE

Divin César, tu mets tout Rome en émoi.

Dès l'aurore le bruit a couru jusqu'à moi

Qu'on voyait ici, là et là, entre nos murs

Notre César dans une singulière allure,

Porté dans le vent par une étrange charrue

Qui parcourt bien plus vite qu'Eole toutes nos rues.

Voilà bien que je comprends cette agitation :

Quelle est, sous toi, cette incroyable apparition ?

CÉSAR

Il me faut te présenter ma belle invention,

Ce n'est que le fruit de mon imagination.

Cette idée qui m'est autorisée par les dieux,

Je le vois bien, Octave, est nouvelle à tes yeux.

OCTAVE

Je tremble devant cette charrue à deux roues !

CÉSAR

Il ne faut point. Fais-lui donc, plutôt, les yeux doux.

Viens, que je t'apprenne le nom qu'il a reçu :

C'est un vélocipède qui brille à ta vue.

OCTAVE

Ton vélopicèdeest admirable, divin César…

CÉSAR

Vélocipède ! Faut-il donc que je me prépare

A entendre son nom martyrisé sans cesse ?

Dis plutôt vélo, mais avec délicatesse.

OCTAVE

Et quel usage peut-on faire de ton vélo ?

CÉSAR

Mon vélo permet d'avancer beaucoup plus vite

Que le souffle courroucé de Mars colérique

Ne fait avancer les vagues folles des mers ;

Sans effort ni cheval, sans rien dire ni rien faire,

Il permet de descendre jusques au Sénat ;

De cette manière je suis venu jusqu'ici

Sans jamais toucher le sol de mes pieds réjouis.

OCTAVE

Je dois te dire, César, que je crains pour ta vie :

Rome n'a depuis ce matin qu'une seule envie,

C'est de t'élever maintenant au rang de roi,

Car Rome sait que tu nous viens d'entre les dieux

Depuis qu'elle a goûté ton beau vélo des yeux.

Sachant cela, Brutus a concu le dessein

De te tuer.

CÉSAR

Brutus ! Mon fils ! Cet assassin…

OCTAVE

Oui, ton fils, César, ton fils qui a trop de haine

Pour cette sorte de régime où Rome t'amène.

Il prétend que la République a sa faveur,

Et qu'il empêcherait Rome d'avoir un dictateur.

Mais entrons plutôt, et cachons là ton vélo.

Rome accourt pour acclamer son divin héros.

CÉSAR

Octave, tu es mon fils et je veux… Ah !

(Brutus a surgi et a planté son couteau dans la poitrine de César)

OCTAVE

César !

CÉSAR

Brutus m'a touché. Ah ! Octave, ma perle rare,

Je te fais protecteur de mon vélocipède.

Tiens-le loin de Brutus et sa figure laide…

Je meurs…

OCTAVE

César…

BRUTUS

J'ai vaincu !

CÉSAR(dans un dernier sursaut)

Toi aussi mon fils…

Tu voles mes citations : que les dieux te punissent !

(Il expire)

BRUTUS (assommant Octave et s'emparant du vélo)

J'anéantirai cette chose invraisemblable

Que César a inventée pour se rendre aimable

Et séduire la plèbe, les serfs et le Sénat.

Je ne suis pas dupe, c'était un scélérat !

J'emporte sur moi le secret de cette invention

Et l'on parlera bientôt d'hallucination

Quand quelques ivrognes diront avoir vu César,

Sur un engin terrible, courir de toutes parts.

Fuyons avant que les badauds ne voient la chose !

OCTAVE (revenant à lui)

Le bandit ! J'ai perdu cette invention grandiose !

FIN


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