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17 septembre 2006

« Bosses du 13 » 2006

mercredi 20 septembre 2006

Dossard 2014 : la Gineste est mesquine

Même si ça sent un peu la fin de saison, il fait bien chaud pour un 17 septembre.

Le cyclisme sous toutes ses formes est rempli de milliers d’images. Et c’est avec ce langage qu’il se fait aimer.

Au grand sud-est de Marseille, au départ de Luminy, je veux bien me promettre en récompense des fondues à l’huile et des fondues au fromage. C’est le premier signe d’une fatigue précoce qui ressemble à de la démotivation. L’enthousiasme de la « Laurent Jalabert » et l’euphorie du Pic de Nore ont perdu de leurs couleurs.

J’ignore encore lequel des trois parcours aura ma faveur. Je me réserve tous les droits, y compris celui de bifurquer et de rentrer chez moi. Ce n’est pas tous les jours qu’une cyclo passant près de la maison me propose cette possibilité.

Le profil en petites bosses me décourage d’avance.

Alors mon parti pris est bien simple : autant achever l’année dans de bonnes dispositions. Je partirai après tout le monde, et puis il n’est pas utile de se presser, dussé-je terminer dernier, dussé-je être éliminé.

Départ lancé au pied de la Gineste. En vérité je vous le dis : celui qui, sur la ligne de départ, a propulsé son compteur kilométrique dans les airs, celui qui s’est rendu coupable d’une telle mise en orbite, c’est le dossard 2007. J’assume le contrat qui nous a liés jusqu’à l’arrivée.

Jamais première heure de cyclo pour moi fut aussi lente. Mais je n’irai pas chercher d’excuse : je suis tout fier de mes très médiocres prestations, qui ne m’empêcheront jamais de me tenir moi-même pour un athlète émérite.

Gineste, Espigoulier, col de l’Ange et autres bosses qui, même pour quatre-vingts centimètres de dénivelé, méritent un nom d’ici : que vous ai-je fait pour que vous décidiez en masse, ce dimanche-là, de vous pointer très exactement sur mon parcours ?

Dans la descente de l’Espigpoulier, par le parcours moyen (135 km), dois-je avouer que j’accorde un caractère providentiel au clou ou au gravillon qui a occis ma chambre à air ? Cet assassin inconnu, ce parasite invisible, cet alibi suprême m’a offert dix minutes d’un répit forcé. J’aurais continué à réparer des crevaisons des heures entières pour prolonger le repos.

Mais rien ne vaut, en matière de fourberie et de mesquinerie, le retour par la Gineste, offerte au mistral. Une sorte d’espérance irraisonnée m’avait fait croire qu’on pouvait bien revenir au lieu de départ en évitant l’obstacle qui le séparait du reste du monde.

J’ai pris conscience que même un kilomètre en pente douce, ça peut être terriblement antipathique.

Roulez droit !

Dossard 2014
les 135 km en 6h00’52"
547e


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La route de la Gineste
Crédit : Marseille-sympa.com

Dossard 2007 : C’est fatigant les bosses !

Ah ! Les Bosses du 13. Ça faisait un moment que j’en entendais parler de ces fameuses bosses sans trop savoir. J’en avais une image à la fois floue et précise. Ça disait Sainte Baume, Espigoulier, des noms qu’une oreille aixoise connaît un peu. On parlait aussi de Gineste, de mer, de Marseille… Et puis, quelqu’un que j’aime bien l’avait faite l’an dernier cette course, alors, je me sentais un peu obligé de me sentir concerné.

On est arrivés très tôt le matin. Beaucoup de voitures, beaucoup de vélos et au bord de la panne d’essence. Angoisse pour moi qui ai peur de la foule. On a fini par se retrouver dans le sas de départ. On a même fini par partir. Dans un mouvement d’enthousiasme, en passant sous le portique pneumatique, au lieu d’enclencher mon compteur, je l’envoie à cinq mètres sur le bas-côté. Je le remets, on part vraiment. Et là : la magie. Un fleuve de vélos, un Mékong de dossards. De la poésie cycliste à l’état pur. Un paysan portant béret et transportant canard sur son porte-bagages s’était même mêlé à la course.

Le fleuve de vélos a monté la Gineste. Le ciel, la mer, les roches. Pure beauté. Le ciel , le Mistral. Le Mistral !!! Nous partions vers l’orient et viendrait le moment où il faudrait tourner pour rentrer à Marseille. La Sainte Baume contre le Mistral, ça faisait comme un coin d’ombre dans le bleu de mon enchantement. Mais pas trop. C’était bien la mer et le soleil.

Très vite nous fûmes au premier ravitaillement. Juste après la difficile décision : on fait le parcours moyen. Car dans ma petite tête déconnectée des jambes, je me voyais faire le grand. Mais le corps a ses raisons que la raison … Bref, en moins de temps qu’il n’en faut pour le penser, mon ami cycliste et moi décidâmes de faire le parcours moyen. Après Gémenos, les difficultés ont commencé. Des espèces de côtes sans nom, des montés raides et frivoles, rien qui ressemblât à un col, mais casse-pattes en diable. Des bosses en somme ! Bon an mal an, on a fini par attaquer l’Espigoulier véritable. Pas du col brut comme le Ventoux ou le Galibier. Non. Un col gentillet avec des montées et des faux-plats pour respirer.

Ravitaillement encore. On roule un peu. Contrôle. Et ça monte à nouveau. On se croyait au port, il fallait continuer. Je me sentais las. Pas si drôles les bosses. Un peloton nous dépasse. « Allez ! vous êtes bientôt arrivés » nous lance le bolide qui mène l’échappée. Nous essayons de profiter de l’aspiration et nous les suivons un peu. Jusqu’à ce que nos poumons explosent. Nous arrivons au sommet. Le plus haut. De l’autre côté, un canyon vertigineux nous menace de tout son vide. C’est si surprenant que je manque d’envoyer mon complice cycliste dans le décor. Ensuite, la descente. Pas très rassurante. On croise des vélos qui montent. C’est le chemin de croix du grand parcours. Je me félicite lâchement d’avoir opté pour le moyen. Ce col est vraiment dantesque. Un paysage purement minéral en terrasses, comme les cercles de l’Enfer. Et c’est l’enfer sans doute de le gravir encore. Mais nous, nous descendons. Vite. Trop vite pour moi. Mon co-équipier s’en va loin en bas. Rapide tache verte sur l’ocre de
la roche. Et dans un virage il m’attend : il a crevé.

Nous réparons rapidement. C’est reparti, mais on roule moins vite, on regarde par terre, on se méfie un peu… Jusqu’à la Gineste. Je savais que ce serait ardu, mais la pente généreuse, le Mistral et la chaleur viennent me faire craindre une fin peu glorieuse. Je suis épuisé. Je compte les kilomètres. Ceux qu’on a faits, ceux qui nous restent. Et ces comptes m’épuisent. Nous montons. Comme des mécaniques. Lentement. Nous nous faisons doubler. Le vent nous repousse. Accroche-toi. Plus que quinze kilomètres. Nous dépassons un tricycle mû à la force des bras. Quel courage ! Le sommet nous livre au loin les îles du Frioul. La lumière nous paie de toutes nos fatigues. Au bas de la descente, la ligne d’arrivée. C’est fait ! J’ai bien aimé, je reviendrai.

Dossard 2007
les 135 km en 6h00’52"
548e


CLASSEMENT 163 KM

1. Michel ROUX, les 163 km en 4h42’09 (moy. : 34,66)
2. Stéphane CHEVALIER, à 1’36
3. Bruno MESTRE, à 3’17
4. Stéphane CHEYLAN, à 4’09
5. Stevens AUBERT, à 4’37
323 classés. Dernier temps : 8h05’20

CLASSEMENT 135 KM

1. Guillaume DE GASQUET, les 135 km en 3h43’36 (moy. : 36,23)
2. Franck GIANFREDA, à 0’02
3. Michel BONNET, à 0’05
4. Frédéric LAFOI, à 0’09
5. Lionel PITAVAL, à 0’32
595 classés. Dernier temps : 7h28’18

CLASSEMENT 93 KM

1. Kevin RINALDI, les 93 km en 2h30’16 (moy. : 37,13)
2. Thibaut DELOTTE, à 0’31
3. Jean-Luc FERNANDEZ, à 1’23
4. Maxime JAKUBINA, à 1’24
5. Bruno HERMIGNIES, à 1’24
1155 classés. Dernier temps : 5h58’54


Voir notre fiche sur les Bosses du 13 (parcours, classements, statistiques) en cliquant ici

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