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Bibliographie

« Pour l’amour de Jacques » - Sophie Anquetil / 2

Plus jamais de vélo...

mercredi 12 mai 2004, par Raphaël Watbled

Combien de kilomètres font encore les champions après leurs carrières ? On se demande parfois s’ils continuent de pédaler, et quelle sorte de plaisir ils peuvent tirer de l’aventure cycliste. Savent-ils seulement prendre leur temps ? Demeurent-ils des bêtes invincibles jusque pour le plus médiocre des amateurs ? Jacques Anquetil, lui, a réglé la question : le chapitre 3 de Pour l’amour de Jacques, le livre où Sophie Anquetil revient sur l’improbable vie du champion, nous rapporte que le maître n’a touché que 3 fois un vélo après sa retraite. Voilà qui paraît invraisemblable, effarant, venant d’un homme qui a gagné cinq Tours de France.

Pourtant, comme sa fille nous le raconte, sans grande surprise d’ailleurs, c’est un garçon pas très convaincu qui se met au vélo à l’adolescence, parce que tous ses copains pédalaient. Peu enclin à l’effort physique, Jacques n’aime pas la gratuité du travail et ne reconnaît que ce qui est concrètement utile : à quoi bon pédaler si ce n’est pour revenir plus vite travailler ? L’effort pour l’effort est vain. Aussi, ce chambreur irréductible se moque allègrement des copains jusqu’au jour où il les imite.

Jacques n’affectionnait pas spécialement la bicyclette ; la culture du vélo lui est, au fondement, étrangère. C’est cet engin, cependant, qui lui permettra, au vu de son aisance, de gagner sa vie. Autrement, pas question de s’escrimer sur un vélo. Ce qu’il apprécie, c’est ce qui est autour : stratégies, ambiance, les copains… Mais l’effort, il l’aura détesté, cette chose qu’il aura peut-être mieux connue que tous, qu’il aura cultivée, exploitée jusqu’au bout, poussée à l’extrême.

La dope ? Bien sûr, Jacques n’aime pas ça-nous dira-t-on qu’il adore ? Mais la grosse artillerie, ça ruine une carrière, alors, on ne touche qu’à la légère, qui n’est qu’un soutien physiologique et psychologique. Plausible-mais l’intention littéraire ressemble ici beaucoup trop à une tentative de réhabilitation. Bah ! d’ailleurs, nul besoin de réhabilitaion. On sait qu’Anquetil n’a pas menti sur ce point. En revanche, l’après-vélo est émouvant : ce champion qui laisse les vélos au grenier, et qui meurt d’orgueil face à des amateurs le jour où il remonte en selle…

Pour l’amour de Jacques, Sophie Anquetil, Grasset - prix public : 15,50 euros (France) / prix alapage.com : 14,73 euros

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