Accueil > Médiathèque > Bibliographie > Pour l’amour de Jacques (Sophie Anquetil) > « Pour l’amour de Jacques » - Sophie Anquetil / 3

Bibliographie

« Pour l’amour de Jacques » - Sophie Anquetil / 3

De la bouche du champion...

jeudi 13 mai 2004, par Raphaël Watbled

Aujourd’hui, retour sur le chapitre 4 de Pour l’amour de Jacques, le livre où Sophie Anquetil revient sur l’improbable vie de son champion de père, et où elle dévoile un secret de famille étourdissant.

Jacques Anquetil se met en selle en 1948 à 14 ans ; cinq ans plus tard il pose sa suprématie sur le premier de ses neuf Grands Prix des Nations, avant de devenir le quintuple vainqueur du Tour quelques années plus tard : l’histoire du cyclisme connaît bien le tempérament aritocratique et controversé du champion, et s’est souvent figuré, à tort, un sportif hautain. Sophie Anquetil confirme que l’on a pris pour de la froideur ce qui était l’expression de son respect. Anquetil n’avait pas la victoire hystérique. Mais l’apparente imperméabilité de Jacques aux sifflets, aux applaudissements et à l’effort nous a voilé la manière que ce champion hors normes a eu de vivre sa carrière, de ressentir ses victoires et ses échecs.

Le chapitre 4 de Pour l’amour de Jacques a ce mérite de vouloir satisfaire à ce désir d’auscultation du champion. Qu’y avait-il sous cette façade ? Etre à la une des journaux à seulement 19 ans n’a rien d’anodin. Le problème est que, s’il confie volontiers ses impressions de course-et là, quel dommage, on aurait attendu quelques mots sur les efforts livrés pour gagner-Anquetil est toutefois moins bavard lorsqu’il sagit d’évoquer cette notoriété sensationnelle. Il refuse de reconnaître cet inconvénient, qu’un demi-dieu est mortel. C’est admettre qu’il appréciait ce statut. Cependant, il savait garder la tête froide, jamais ébloui par lui-même, simplement fier, attentif à gagner, pour continuer de renflouer son compte en banque.

« Je voulais en savoir plus, de sa propre bouche, sur ce qu’il avait éprouvé en étant un grand champion ». La perspective est, d’un point de vue de la recherche historique si l’on peut se permettre, enthousiasmante. On restera un peu sur notre faim. Ce qu’on y apprend est généralement déjà distillé dans les commentaires abondants sur la question anquetilienne : le texte est destiné, soit à un public passionné qui cherche simplement à se replonger dans l’atmosphère anquetilesque, soit à un public non-averti qui se contentera largement de ce survol. Ce lecteur se familiarise avec celui qui fut un champion haï-aimé, le numéro un mondial « pendant dix-sept ans » ( !) : on pardonnera cet élan filial plein de fougue ; même si Merckx ou Gimondi étaient déjà passés par là, on reconnaîtra avec plaisir qu’un Anquetil garde son titre de chef jusqu’au bout. Va pour les 17 ans !

Pour l’amour de Jacques, Sophie Anquetil, Grasset - prix public : 15,50 euros (France) / prix alapage.com : 14,73 euros

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.