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Antoine Vayer sort du bois

Entretien

dimanche 27 novembre 2005

Cyclismag s’inquiétait plus tôt cette semaine de la disparition d’Antoine Vayer ; voilà qu’il sort du bois simultanément sur La Flamme Rouge et sur VéloChronique ! Ces deux sites ont collaboré pour vous proposer, dans les prochains jours, un entretien passionnant avec Vayer qui, lorsque vient le temps de parler de ce qui se passe réellement dans le cyclisme, ne s’économise jamais, parle avec verve et sans mâcher ses mots, loin de la langue de bois de nombreux journalistes apparemment plus prompts à préserver l’image du cyclisme qu’à en dénoncer les problèmes criants.

Ancien entraîneur de l’équipe Festina, de Christophe Bassons et de Jérôme Chiotti, Antoine Vayer refuse en effet la solution du dopage ; sur cette question, ses propos sont généralement sans détour. Pour "réinventer le cyclisme", il ne se gêne pas pour décrire ce milieu comme infesté par la tricherie et prend pour arguments ses calculs sur les puissances développées par les cyclistes professionnels, dont certaines des performances lui apparaissent humainement impossibles. On se souvient de ses chroniques acides ou cyniques dans Libération ou L’Humanité. Actuellement Professeur d’Education Physique et Sportive à Laval, Antoine Vayer n’a plus beaucoup parlé depuis un an, si l’on excepte ses chroniques sur l’entraînement dans le mensuel Le Cycle.

C’est donc sur La Flamme Rouge et VéloChronique que dès ce soir, Antoine Vayer a accepté de reprendre le dialogue public. La suite de l’entretien sera quotidiennement diffusée en alternance sur ces deux sites, à partir de demain. Et c’est avec plaisir que nous vous offrons cette bonne dose de sain réalisme, ceci afin de vous permettre de toujours rester lucide sur ce qui se passe réellement dans ce sport qui nous passionne. Bonne lecture !

Propos recueillis par Laurent Martel et Raphael Watbled

La Flamme Rouge et Vélochronique : Antoine Vayer, est-ce que vos calculs sur les puissances développées par les coureurs sont remis en cause, ou sont-ils définitivement tenus pour fiables ?

Antoine Vayer : Les travaux sur les puissances ne sont pas nouveaux, ni les miens ni ceux surtout de Frédéric Portoleau (l’ingénieur qui fait les monstrueux calculs exhaustifs indirects par vidéos). Ils n’ont jamais été remis en question. C’est impossible, sauf à vouloir se tirer une balle dans le pied. Car ils sont validés par tous ceux qui s’intéressent à la chose, ne sont pas magiques mais scientifiques et archi connus. On est plus au XIIIème siècle mais pas non plus au XVIIIème, celui des lumières, en cyclisme.

Si le vélo est un sport de valeur relative, on ne devrait pas se ficher de savoir (pour qui prétend être contre le dopage) à quelle vitesse Anquetil et Poulidor ont grimpé le Puy-de-Dôme en 1964, Hinault et LeMond L’Alpe d’Huez en 1986, mais pourquoi et comment (avec quoi) ils en sont arrivés là. Et pourquoi et comment, malgré leurs moyens respectifs utilisés de l’époque, ces derniers sont des juniors en valeur absolue face à des coureurs actuels sortis de nulle part, des ânes devenus chevaux de courses. C’est du calcul physique et mathématique, historique, aussi simple que 1+1=2, (c’est juste un peu plus complexe) que nous avons expliqué dans "Pouvez vous gagner le Tour ?" (NDLR : F. Portoleau et A. Vayer, éditions Polar, 2002).

M’enfin un jour peut-être qu’un "scientiste" d’une revue "spécialisée" finançant une épreuve nous dira que la Terre est plate, vu que certains cols le sont apparemment. Aux États-Unis bientôt peut-être. Lefred-Thouron ou Luz pourront alors se déchaîner pour notre plus grand plaisir. Sauf si nous brûlons avant sur le bûcher. C’est impossible maintenant puisque des gens comme moi "ne tuent plus le vélo" subitement après l’histoire Armstrong et que sont condamnés officiellement ceux qui se taisent plutôt que ceux qui parlent... Voilà bien un retournement de situation pour le moins sympathique et une reconnaissance absolue qui atténue la bassesse des coups reçus ces dernières années. Christophe Bassons apprécie mais n’est pas dupe. En outre cette reconnaissance est faite par certains qui ont donné les coups ! C’est-y pas formidable ? Ou bien il y a une autre urgence : la mort du petit cheval ? A votre avis ?

Demain, lisez la suite sur Vélochronique

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