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Mes débuts dans le dopage (14) : ...mais retour en force

mardi 25 janvier 2005

Sans commentaire. Pour et avec Charly.

Honnêtement j’avais l’impression après un mois seulement que ça faisait une bonne demi-année que Charly avait quitté le contexte de ma vie. Mais en le revoyant, j’ai eu d’un coup l’impression que je ne l’avais pas vu depuis la veille seulement. Clairement, c’était le même. Et c’est bien là l’ennui. Charly n’a pas changé. En un mois, qu’aurais-je pu espérer ? Heureux encore qu’il soit toujours de notre monde. Et je me suis dit, comme si je l’avais vu tous les jours, avec cette sensation de se répéter la même chose, invariablement, par désespoir, et avec compassion et beaucoup de certitude chagrine : C’est sûr, cette histoire va très mal finir. Pas une présomption, une conviction.

Il était une heure avant minuit et la nouvelle semaine. Caracas m’accueillit, devant une baraque aux volets verts, une sorte d’atelier. Charly était accroupi contre un lampadaire, à trois mètres, et il ne me vit pas arriver. Il y avait là un troisième garçon, du même âge, qui paraissait me reconnaître, mais que je n’avais jamais vu. Caracas est un ami fiable, un garçon sincèrement bien ; en le voyant j’ai imaginé en me culpabilisant l’enfer qu’avait pu lui faire vivre Charly. Pour l’avoir moi-même connu, j’ai pensé : pauvre garçon. Il me présenta à l’Anglais - on l’appellera London. Un ami de Charly et de moi, fit-il. Charly s’internationalise. Il nous entendit, se leva (d’un bond… on se lève toujours d’un bond dans les romans), et… Il m’est littéralement tombé dans les bras. Là Charly était mon frère. Et je n’ai pas compris comment j’avais pu le laisser tomber. Car à cet instant j’étais certain de l’avoir laissé tomber. On est un peu victime des schémas de culpabilisation. Et d’ailleurs on a tous un peu besoin de se culpabiliser de temps en temps, ça stimule la bonne conscience. Alors j’ai dû la stimuler. Mais j’étais, paradoxalement, heureux de retrouver Charly et son enfer. L’enfer Charly.

J’ai pensé qu’il me demanderait de l’argent. Et même Caracas était surpris que la demande ne tombe pas. Tu as vu cette histoire, le truc du pot belge ? Tu crois qu’ils peuvent m’arrêter moi aussi ? Ah non, il n’avait pas changé d’un poil de hamster ! « Dis pas de sottise ». Pourquoi t’as arrêté ma chronique ? Grand moment d’incertitude, sans avant ni après. Flottement. Perplexité. Crampe au cœur. « Tu les as lues ? Tu m’as dit que tu n’irais jamais les lire ». Je les ai pas lues. Mais je voulais avoir de tes nouvelles, en passant par Vélochronique, j’avais besoin de voir ce que tu faisais, ce que tu écrivais. Et t’as arrêté mes chroniques. « Et pourquoi tu ne m’appelles pas plutôt ? » Je suis plus ton ami ? « Mais voyons, bien sûr que si ; mais de quoi parle-t-on là ? » T’as arrêté mes chroniques. Je ne t’intéresse plus ?. Mais c’est que je me laissais emberlificoter ! « Mon vieux, je ne te voyais plus, qu’est-ce que je pouvais raconter sur un type que je ne vois pas ? »

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