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Mes débuts dans le dopage (17) : les dents de scie

dimanche 30 janvier 2005

Sans commentaire. Pour et avec Charly.

Avant la crise de mardi soir, je m’apprêtais à achever une chronique. J’ai perdu le cours de ma pensée. Mais en fin de compte, il m’apparaît que l’état d’esprit dans lequel j’étais, même s’il a été remué par les événements récents, n’est pas inintéressant. Voilà qui me semble déjà lointain.

Je restitue donc tel quel le texte commencé :

Je suis à la fois étonné, dérouté et fasciné par les écarts d’humeur et de caractère de Charly. Quand on parle de dents de scie, l’expression trouve pleinement son sens avec Charly. Mais alors, ce sont des dents très pointues.
Il alterne les moments de franche lucidité, sur lui-même et sur ce qui l’entoure, et d’apparente démence. Il y a des moments où Charly peut être un ami plutôt correct et agréable. C’est vrai qu’on est bien forcé de ne retenir de lui que les moments difficiles… Car ils ne sont tout de même pas communs… et ces moments délicats sont des moments de bascule. Une bascule virevoltante. Moments de panique, de terreur, de psychose, d’absurdité, d’écoeurement…

Mais le Charly amical et sympathique… Il existe. Etrange toutefois, il faut en convenir. Déjà différent du garçon que j’ai rencontré il y a quelques mois. Mais toujours cet air blasé qui lui est caractéristique et qui surprend chez un garçon de son âge. Je me rappelle avoir pensé que c’était là un air qu’il se donnait, mais j’ai acquis la conviction que non. Or je me demande si cette sorte de nonchalance perpétuelle devant le monde lui est naturelle depuis toujours. J’en reviens en fait à cette obsession : j’aimerais savoir comment était Charly avant. Je voudrais l’avoir vu il y a un an et demi, il y a trois ans. J’aimerais comprendre.

Mais ce qui est frappant pour les quelques-uns qui fréquentons Charly dans tous ses états, c’est la capacité qu’il a, dans ses meilleurs moments, de s’abstraire des événements les plus invraisemblables de son quotidien. On croirait qu’il oublie d’une heure sur l’autre ses écarts de comportement. Qu’il oublie que la veille il était allumé comme un champignon hallucinogène. Qu’il a eu une crise d’angoisse. Qu’il m’a supplié de lui donner mon argent. Ou de me charger avec lui. Et dans ces instants d’apparent oubli, on ne sait pas quoi faire : faut-il profiter du moment ou exciter sa mémoire ? Je sais qu’il n’oublie pas pleinement son état, puisqu’il se définit lui-même comme malade. Il s’en veut. Mais je redoute le moment où il perdra sa lucidité sur lui-même. Ou ce qui lui en reste.

Après avoir cerné quelques contradictions il me semble qu’il m’a un peu menti sur sa première consommation. Je pense avoir identifié un problème de date, et un problème d’objectif, de motivation, d’enjeu. Et j’en viens à me demander si sa première a eu réellement une motivation sportive comme il le prétend ou une motivation adolescente. Clairement, est-ce que la première fois, il s’est dopé ou drogué ?

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