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Mes débuts dans le dopage (18) : prisonnier de Charly

mercredi 27 septembre 2006

Ce texte a été écrit en février 2005 et n’avait jamais été mis en ligne. Nous le restituons tel qu’il a été rédigé à l’époque.

Sans commentaire. Pour et avec Charly.

Mi février

Depuis quinze jours je ne suis plus très certain de devoir poursuivre cette chronique. Il y a des doutes qui freinent quelque peu mes élans, et m’obligent à prendre un peu de recul ; jusqu’où puis-je pousser l’investigation ? Si je me contentais de douter de moi ! Je doute de ce qui entoure Charly. Je doute de la sincérité de ceux qui l’encadrent et prétendent l’aider ; et puisque lui-même m’a autorisé à écrire tout ce que je veux et ressens sur son histoire, je peux bien le dire : désormais, je dois reconnaître que je doute de Charly.

Je veux dire par là : j’ai acquis la conviction qu’il omet (in)volontairement des détails cruciaux. Il n’est évidemment pas le seul acteur de sa toxicomanie, je ne peux pas dire que je le découvre, mais sa première démarche dans la dope est, selon toute vraisemblance, plus complexe qu’il ne veut bien le dire. Et articulée autour d’un groupe de personnes moins anodin qu’il n’y paraît. Ce que j’écris n’est peut-être pas très clair. Mais j’ai aussi le sentiment que m’étant un peu laissé berner (par moi-même principalement), je ne peux, au vu des dernières convictions que j’ai eues, en dire davantage pour le moment. Sauf ceci : est-ce que le dopage de Charly précède véritablement sa toxicomanie ?

En tout cas, il consomme depuis plus longtemps qu’il ne me le dit, j’en suis à peu près certain. Et je crois aussi que je ne suis pas le seul, de son entourage cycliste, à savoir son cas ; c’est le problème de Charly : il a organisé son existence selon l’image de l’oignon ; chaque couche correspond à un cercle de connaissances, qui ignore le cercle qui suit, de sorte que tous ceux qui connaissent Charly ne se connaissent pas entre eux. Et il est limpide que Charly ne subsiste pas que grâce au seul argent que je lui ai procuré.

J’ai perçu les limites de cette chronique ; je me suis un peu piégé moi-même. J’aurais tant de choses à dire mais j’ai comme une obligation de les taire. Dans le doute, par précaution, par respect, le temps d’être sûr, etc etc…

Cela fait un peu plus d’un an que Pantani est mort. Je n’ai jamais complètement perdu l’idée, malheureusement, qu’un jour j’apprendrai peut-être par hasard celle de Charly. J’ai tendance à me dire que nous sommes encore loin d’une telle situation ; mais rien que cette pensée (nous sommes encore loin…) m’indique que je suis presque persuadé que l’évolution de cette histoire est irréversible. Je n’ai plus aucune prise sur ce garçon. Et la phrase de Caracas, il y a quelques temps (« tu n’as pas peur qu’on t’accuse de non-assistance à personne en danger ? ») m’a tellement remué les méninges que j’en sors traumatisé. J’entendais récemment le témoignage du parent d’une toxicomane dans un reportage télévisé, et je n’ai que trop bien saisi le sens de sa phrase : « on est prisonnier de la toxicomanie de ceux qu’on aime ».

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