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Rétrospective MARCO PANTANI

12 juillet 1995 : quand Pantani glisse dans la Légende

samedi 21 février 2004, par Raphaël Watbled

Pantani n’aborde pas le Tour avec la préparation prévue, en raison d’un accident survenu en mai. Cependant, le grimpeur confirme ses talents prodigieux et remporte deux étapes avec une classe inédite. A l’Alpe-d’Huez, pourtant pas en grande forme, Marco s’envole devant Indurain et remporte sa première étape dans le Tour de France

Juillet 1995 – Désormais célèbre pour son coup de pédale déconcertant dans la montagne, qu’il a mis à profit dans son premier Tour de France, en 1994, Marco Pantani a déjà sur son palmarès une deuxième place au Giro 94 et une troisième au Tour de cette même année. Il a à peine ses 25 ans, et le petit Romagnol entend bien réparer une injustice caractérisée, lui qui n’a gagné aucune étape du Tour en dépit de ses envolées impressionnantes. Mais il est écrit que Marco n’a pas de chance et le 1er mai 1995, une voiture qui brûle un stop le percute, le privant ainsi du Tour d’Italie et d’une préparation en bonne et due forme.

Qu’importe, Marco a la grinta. Et il est certain désormais qu’il est le meilleur grimpeur du monde. Il ne se sent certes pas à un niveau d’exception, mais il croit bien que sa condition va de mieux en mieux au fil de ce Tour que Miguel Indurain vise pour la 5e fois consécutive. Néanmoins, en quelques jours s’envolent les possibilités de rivaliser avec l’Espagnol pour le classement général, car Marco dépasse bientôt les 10 minutes de retard. Il faut dire aussi que dans l’exercice contre-la-montre, il trouve vite ses limites, et il y a perdu un temps considérable. Cependant, il se rappelle qu’en 1994, sa position était semblable avant de s’être hissé à la troisième place. Il peut encore croire à un podium, même s’il déplore que la partie ne soit pas facile pour les grimpeurs, pénalisés par le trop-plein de contre-la-montre et de bonifications dans la plaine.

Le mercredi 12 juillet, l’Alpe-d’Huez a peut-être de quoi lui donner des idées, à lui le grimpeur sensationnel, le lutin fou qui avale la montagne comme un caramel. L’Alpe-d’Huez, et ses 21 virages, montagne mythique bâtie pour la classe des plus grands champions ! Cette 10e étape doit être la sienne.

Marco a renouvelé son image pour ce Tour 1995, et l’allure qu’il expérimente sera la sienne pour les années qui s’ouvrent devant lui : les quelques cheveux hirsutes qui se couraient après sur son crâne luisant en 1994 ont totalement disparu. La calvitie est désormais totale, et ce look d’enfer lui vaut un succès certain. La tête en boule de billard, Marco a le visage inoubliable d’un futur vainqueur du Tour. On ne l’appelle pas encore le Pirate, car l’idée du bandana ne lui est pas encore venue, mais il reçoit le surnom très peu flatteur d’Elefantino, qui n’est pas la meilleure chose qu’on aura trouvée pour un garçon de sa trempe.

Cette 10e étape est d’abord marquée par l’abandon d’Evgueni Berzine, vainqueur fracassant du Giro 1994 en perte de vitesse, qui monte dans la voiture après la Madeleine. Dans la Croix-de-Fer surgit Laurent Brochard qui lance la première attaque, imité par plusieurs comparses, dont Jalabert, qui n’a pas encore pris sa dimension historique, Virenque, Dufaux, Escartin et Gotti, futur vainqueur du Giro. Mais bientôt c’est l’Alpe-d’Huez qui se dresse, et le groupe d’Indurain n’a guère que 50 secondes de retard sur les échappés.

C’est l’instant que Marco Pantani juge approprié pour accélerer. Je vous parle d’une accélération bien spéciale, absolument irrésistible, qu’il ne faut pas espérer pouvoir imiter. Le formidable grimpeur reprend les échappés un à un, et s’assure 1’45 d’avance sur le groupe Indurain en quelques kilomètres. A partir de ce moment, à 8 km du sommet, le Maillot Jaune Indurain décide de prendre les choses en main et s’installe aux manettes de son groupe. Tout en puissance, l’Espagnol avale les échappés à son tour, seulement accompagné de Zülle, puis de Riis, proprement incapables de prendre un relais, et qui le suivent sans mot dire. L’allure de la poursuite d’Indurain est alors plus ou moins similaire à celle de Pantani, qui a ce mérite de creuser des écarts impressionnants en très peu de temps, pour ensuite les maintenir. C’est son exceptionnel pouvoir d’accélération, parfaitement inimitable, qui l’a propulsé à l’avant. Mais sur les 8 derniers kilomètres, Pantani et Indurain font jeu égal, mais à distance. Le Maillot Jaune récupère tout au plus une vingtaine de secondes sur ces 8 kilomètres.

A l’approche du sommet, Pantani est certain de sa victoire, mais à la sortie du virage qui débouche sur l’arrivée, le diablotin nous fait une frayeur. En plein effort, son visage grimaçant change soudain de tournure et semble se couvrir d’une étrange stupéfaction. C’est-à-dire que Marco est tout simplement en train de rater son virage, roulant tout droit vers les barrières. Il rattrape l’erreur qui le force à freiner et à relancer. La victoires est acquise. Il faudra attendre 1’24 pour voir arriver le deuxième coureur, Miguel Indurain. Epatant, il est alors à rapprocher définitivement des plus grands grimpeurs de l’histoire du Tour, et on pressent déjà que son avenir dans le Tour a des chances d’être glorieux.

Philippe Bouvet écrit le lendemain dans L’Equipe : « Ce grimpeur, qui égale pour le moins Luis Herrera, mais avec un bagage assez supérieur dans d’autres compartiments du jeu, n’a sans doute fait qu’ouvrir hier à l’Alpe, là où il en rêvait, le livre de ses victoires dans le Tour. Nous sommes de ceux qui veulent croire que la victoire finale ne lui est pas interdite, et sans que Jean-Marie Leblanc n’ait pour autant recours à ce projet de bonifications attribuées dans les cols, pourvu otutefois qu’il ne soit pas confronté à une trop forte de génération de rouleurs. Mais Pantani n’a que 25 ans, et il a des chances, quand même, de voir Indurain débarrasser le plancher ». Quant à Jean-Michel Rouet, il s’exprime ainsi : « A 25 ans, Marco Pantani se présente comme un l’un des plus sérieux candidats à la succession de Miguel Indurain, qu’il faudra bien assurer un jour prochain. »

Ce Tour 1995, certes, ne sera pas encore celui de sa victoire finale, pusiqu’il lui faudra attendre trois ans. Et bien que cette victoire à l’Alpe le fît remonter à la 7e place du classement général, et en dépit d’une autre victoire à Guzet-Neige, Marco resta trop limité sur l’ensemble de l’épreuve pour s’assurer un bon classement final. Mais il est évident pour certains qu’il faudra le tenir à l’œil à l’avenir, ce sacré bonhomme qui se décrit comme un romantique du vélo, un coureur à l’ancienne, qui ne roule jamais avec un cardio-fréquence-mètre ; il n’accorde alors pas grande importance à la technologie. Et quand il monte un col, dit-il, c’est pour se faire plaisir. Il révèle ses talents de chanteur et annonce ses ambitions pour le Championnat du monde de Duitama. On peut vous dire qu’il en terminera troisième, quelques jours avant un terrible accident dans le final de Milan-Turin, où une voiture à contre-sens vint à nouveau le fiancer avec le malheur.

Messages

  • Ah bon vieux Marco, ce jour là, ce fut un des premiers où tu commenças à te révéler aux yeux du monde entier, mais jamais dans nos coeurs tu n’en resortiras. En 1994, sur le Giro tu avais déja montré le bout de ton nez, dans plusieurs bosses, mais tu éclatais véritablement, ce jour-là.

    Un grand bonhomme, Indurain tu affrontais ce jour-là, et un grand bonhomme tu battais.
    Un grand bonhomme, Indurain tu déconcertais ce jour-là, et un grand bonhomme tu devenais.
    Tu te prénommais Marco, nommais Pantani, et tu allait à tout jamais marquer de ton empreinte le cyclisme et sa légende, en devenat un mythe.

    Marco c’était révéler aux yeux de tous avec un coup de pédale, qui selon des regards aguerris pouvaient même rentrer dans la légende, en remportant de belles victoires, et faisant de grandes et belles choses, si ce n’était pas déja fait. Car, il était évident que le mythe du grand grimpeur, ce petit lutin le possédait. Cela ne faisait aucun doute, à l’image de son coup de pédale. Petit par la taille, il était, mais sans aucun doute grand par le talent il demeurait, et demeurera toujours.

    Cet homme là, était doté d’un coup de pédale et d’une position de danseuse à l’attaque des bosses, si pur, et si caractéristique du mythe du grimpeur, qu’il ne pouvait que rester gravé dans nos mémoires, et marquer son nom d’une grande trace la légende du cyclisme.

    Lorsqu’il décidait de partir dans une bosse, il ne faisait que décoler et déconcertait de suite toutes éventuelles ripostes d’autres coureurs. Personne ne pouvait l’arrêter, lorsqu’il avait décider de partir à vitesse grand V, même pas un monstre sacré de la byciclette comme Indurain.

    Il se révéla au monde entier sur le Tour en 1995, en gravant son nom sur les trés prestigieuses tablettes des sommets des étapes des Alpes, et qui plus est celle de l’Alpe d’Huez, la classe non ! Dans les cols, les années suivantes, il ne cessa de nous émerveiller.

    L’Italie attendait un vrai champion. Bien entendu, étant l’une des meilleurs nations du cyclisme, elle possédait de grands coureurs, mais n’étant jamais rassasier, et en voulant toujours plus, elle ne se contentait pas de grand coureurs, elle voulait un vrai champion.

    C’est à dire, un champion pur et dur, à l’image amblématique, que dis-je, à l’apparence et l’effigie d’un mythe, d’une légende, tel Fausto Coppi. Et ceci, elle le trouva en la personne de Pantani. Son physique, n’était peut-être pas trés impressionnant, mais il était si caractéristique du pur grimpeur.

    De plus, et étant également trés important, son image, elle n’était pas trés courante, mais plaisait néanmoins. Ce petit coureur au look de pirate, avec son bandana, son sourir aux dents pointus, et son aire si caractéristique lorsqu’il montait les bosses. Il déclarait monter les bosses pour son plaisir, et ça ce voyait quand il était filmé en gros plan dans l’effort. C’était son terrain, la montagne, la grimpette, c’était son lieu de prédilection. Les pentes ardus tant redoutées, étaient devenu son terrain, et la montagne, sa muse.

    La partie d’un parcour, ou d’une étape, que de nombreux coureurs redoutaient, lui, il l’attendait avec impatience sachant qu’il pouvait s’y exprimer, s’y faire plaisir, donner un beau spectacle et de belles images aux spectateurs, ainsi qu’émerveiller ses supporters, les gratifier pour leur soutient d’un nouvel exploit.

    Malheureusement, dans sa vie, tout ne fut pas sans obstacles, au contraire je deverais même dire que sa vie n’a été que semé d’embuches, sa vie était telle un champ de mines sur lesquelles il sauta à plusieurs reprises, et malgrés quelques esquives de sa part, ses obstacles auront eu raison de lui.

    En dix ans, il connu une carrière contenant, des haut sommets, et des grands moments de solitudes.

    Alors qu’il commençait d’exploser au grand jour, une voiture le percuta, quelques jours après avoir été sur le podium du championnat du monde à Ruimina. Ensuite après avoir retrouver les sommets ; sommets étant un doux euphémisme lorsqu’il qualifie un doublé Giro - Tour de France en 1998. Puis étant à deux jours près de réinscrire son nom, de se succéder au palmarès du Giro en 1999, les instances décidèrent de le stopper pour une présomption de dopage, le privant ainsi de son Giro.

    C’est ansi que l’on brisa un grand monsieur du cyclisme, petit par la taille, mais grand par le talent. Je dis briser, car ce jour-là, le 5 juin 1999, Pantani cessa d’être Pantani. Les victoires d’étapes, et les montées de bosses aux allures spectaculaires ne faisaient plus parti de son quotidien. La déprime l’envahissa, et après quelques tentatives de retour au sein du peloton, sans véritables étincelles, si ce n’est son dernier démarrage.

    Sa dernière échappée, son dernier grand coup de pédale, il laissa ses compagnons d’échappée sur place, comme il avait coutume de le faire dans l’ultime ascension d’une étape du Tour de France. Il décramponna tout le monde, et s’envola une nouvelle fois comme il avait coutume de le faire. Cependant son envolée ne fut plus si majestueuse, et surtout ne dura plus aussi longtemps. Quelques minutes plus pard Armstrong parti à son tour et rejoint en un petit labste de temps Marco. Quelques années auparavant, Armstrong malgré un coup de pédale lui aussi ravageur n’aurait pas rattraper le petit lutin Italien. Mais voilà comme on l’a dit Pantani n’était plus véritablement Pantani. Armstrong et Pantani, en allier de circonstance rallièrent l’arrivé, tous les deux comme deux vieux compères, l’un confortant sa place au général, et l’autre remportant, sa dernière victoire. Ce fut l’ultime coup de sabre du "pirate" sur la légende du cyclisme. Quelques mois plus tard, à l’hôtel de Rimini ne sortant plus de sa déprime, parce que ne revenant plus sur le devant de la scène, il se donna la mort...

    Dans l’article auquel je réponds l’auteur écrit que Marco est "fiancer avec le malheur", et je partage totalement son point de vue, à mon sens cela ferait même un beau sujet pour un nouvel article, si ça peu lui donner des idées , sinon pourquoi pas m’y adonner, mais je mannie beaucoup moins bien l’art de la parole, et en tout cas avec beaucoup plus d’incorrections. Enfin, on verra bien.

    Toutefois, le 12 juillet 1995, Marco Pantani glissa dans la légende, et resta gravé dans nos mémoires à tout jamais. Rappelons-nous seulement que ce ne fut que le début, l’annonce de grands moments de cyclisme, et de grands exploient dont le "pirate" nous fit la joie. Puis le 14 février 2004, il glissa une ultime fois, et disparu.

    Pour le trés regretté, Marco Pantani, qui nous quitta au goût de tous, trop prématurément. C’était le point de vue d’un humble admirateur, que je pense, de nombreux amoureux du cyclisme partage également. Quoi qu’il en soit, tu as décidé de déja te reposer, alors reposes toi, tu l’as bien mérité, toi qui nous a tant émerveillé.

    CIAO MARCO.

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