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Rétrospective Marco Pantani

22 juillet 1998 : Pantani hisse le pavillon au Plateau de Beille

samedi 17 juillet 2004

Ce samedi 17 juillet, le Tour monte au Plateau de Beille, où Armstrong a gagné en 2002. Avant lui, Marco Pantani aussi s’y était imposé. Ce succès acquis avec ardeur annonçait sa victoire finale, alors qu’elle semblait lui avoir échappé.

Juillet 1998 - Le Tour de France a perdu l’équipe Festina dans le scandale sportif le plus abominable de l’histoire. Richard Virenque est bientôt le symbole d’une génération de dopage invraisembable, et le Tour de France est en crise. L’affaire prend une dimension internationale et occulte l’événement sportif. D’un point de vue strictement athlétique, Jan Ullrich est un Maillot Jaune solide, que la victoire colossale au Tour 97 annonce durable. Le chrono de Corrèze ne lui a pas échappé, et le voilà débarrassé de Virenque, son rival proclamé. Un Américain, Bobby Julich pointe le bout de son nez. Quant à lui, vainqueur récent du Giro, Marco Pantani répète qu’il n’est pas en forme.

Pourtant entre Pau et Luchon, dans le col de Peyresourde, le petit grimpeur italien démarre, tandis que Rodolfo Massi est encore en tête de l’étape. Manifestement, seule la victoire d’étape intéresse Pantani, et d’ailleurs elle lui échappe, car son compatriote conserve 36 secondes d’avance. Ullrich arrive 23 secondes après Pantani, rien de grave. Le Pirate n’apparaît même pas encore dans les 10 premiers du classement général, il a plus de 4 minutes de retard. Ullrich maîtrise la situation.

Le lendemain, entre Luchon et le Plateau de Beille, Roland Meier de Cofidis se lance dans une grande entreprise, qui semble gagnée. Après les cols de la Core et de Port, le Suisse dispose encore d’une avance de 2’40 sur le peloton au pied de l’ascension finale. Compte tenu de sa grande forme, il ne lui est pas interdit de songer à la victoire. C’est sans compter sur Marco Pantani, qui place son accélération plus tôt que prévu, à 12 km du sommet. Meier fera les frais de cette envolée spectaculaire. Les mains en bas du guidon, l’œil guerrier, Pantani passe à l’abordage à 6 km du sommet ; Meier est doublé. Derrière, c’est la panique pour Ullrich. Pas de défaillance, mais une incapacité à contrer. Sa montée est tout à fait honorable, mais l’écart se creuse.

Au sommet, Pantani triomphe, 1’26 devant Meier, 1’33 devant le groupe Julich, 1’40 devant Ullrich, 8e de l’étape, qui conserve son Maillot Jaune. Le Tour ne devrait pas lui échapper, mais il faut composer désormais avec Pantani, qui remonte à la 4e place, à 3’01. Plus question de l’écouter dire qu’il est en mauvaise forme ! En fait, le Romagnol est meilleur que jamais, et l’heure viendra quelques jours plus tard. Aux Deux-Alpes, Pantani fera basculer le Tour en sa faveur.

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