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La mort de MARCO PANTANI

Ta splendeur éternelle, Marco, par delà les tourments

lundi 16 février 2004, par Raphaël Watbled

Les choses de la vie ce matin sont à l’image de ma vision soudaine du monde, misérablement tristes et amorphes. Les couleurs de l’arc-en-ciel sont tombées et le gris chagrin a envahi la vie. La représentation que je m’en fais n’a plus grand-chose de dynamique. L’un de mes fantasmes vitaux, du moins ce qui en était l’âme et le socle, s’est purement évanoui à mon insu dans la vacuité du cosmos. On ne peut supporter sans faiblir la disparition de ce qui nous donna matière à rêver. Je ne suis pas du genre à vouer un culte à un homme, mais je sais m’attacher considérablement à la part de la magie qu’il a su apporter à la mythologie. Nous y avons tous une part, minime ou grandiose, qu’un autre peut apprécier à la mesure qu’il veut, et qu’il peut décider de rattacher à la mythologie. Quant à moi, ce que je trouve dans les hommes contribution mythologique, c’est une transcendance d’une sorte unique. L’exemple par dessus tout de la grâce des anges est celui de Charly Gaul.

Il est un être qui fut habité par cette grâce des anges. Peut-être l’a-t-elle quitté un jour, peut-être se fut-elle enfouie en lui pour n’être plus visible de nous. Cet homme m’a fait rêver. Et j’apprends qu’il n’appartient plus à la vie. Aujourd’hui n’a plus de sens pour lui, qui n’est plus. La pensée ne l’anime plus. Quelle abomination pour celui qui s’animait si magnifiquement dans la solitude de la montagne. Il ne subsiste de lui que son nom, qui est déjà inscrit, trop tôt, dans le passé de l’humanité, et le souvenir dans nos esprits des images qu’il a apportées à la mythologie. Je ne peux me résoudre à croire que la vie s’est séparée de lui.

Le meilleur moyen, aujourd’hui, de ne pas attenter à la pérennité de sa splendeur—splendeur de toute vie sur terre—c’est d’oublier d’être pragmatique, c’est d’ignorer les conditions et les circonstances de son divorce d’avec la vie, c’est de rester au seul niveau de l’âme. Immortalisons d’abord la grandeur avant d’en revenir lamentablement aux vérités matérielles. A quoi bon se ruer comme des charognards sur la situation tragique d’un homme mis à terre par la mort !

Ce nom qui lui survit, j’ai presque peine à le dire, car il me rappelle la réalité glaciale. Ce nom, il fut une mélodie à mes oreilles lorsque j’étais adolescent, et pardonnez-moi, mais j’ai besoin aussi de magnifier les choses, et cet homme, je l’ai magnifié. Ce dont il était capable avait le raffinement, la tragique élégance et l’infernale splendeur de… de quoi ? Je ne sais plus, quelque chose m’échappe, comme lui, comme cet homme qui nous a fuis. Ce nom qui lui survit, c’est MARCO PANTANI.

Marco Pantani a terminé son chemin, un chemin de 34 ans seulement, un chemin qui montait, un chemin qui descendait, mais son chemin désormais est ailleurs, comme probablement depuis longtemps. Il y avait deux Pantani, l’homme et le mythe. Le mythe s’était désagrégé, et l’homme n’avait plus de support : la séparation avec la vie était déjà consommée. Il est venu rendre à l’éternité ce qu’il ne pouvait plus être. J’ai en tête l’image d’un Pantani qui me fait face, les mains en bas du guidon, la barbiche arrogante, le regard revolver, bandana sur la tête, qui éploie ses ailes, et part en haut des cieux à l’abordage à travers la pluie. J’ai comme l’impression qu’il n’est arrivé en haut qu’hier.

La vie de Pantani fut un filament aussi fragile qu’un vélo dans la montagne, qu’un cœur qui bat d’amour, qu’un sourire de joie. La sainte solitude dont il se drapait dans ses envolées sublimes était précisément tout ce qu’il y a de plus salutaire et fatal à la fois. Dans ces instants magiques, le mythe s’élevait, mais il n’y a rien d’autre en haut que la mort pour le recueillir.

Messages

  • Vous devriez écrire un livre sur Marco Pantani. J’ai lu beaucoup de livres sur les carrières des cyclistes, en particulier ceux de Jean-Paul Ollivier, et vos écrits dégagent une vraie émotion pour les amoureux du cyclisme. Je l’achèterai et en ferai la pub ! Je suis de ceux à qui Pantani manque.

  • Aujourd’hui j’ai 18 ans et je m’intéresse au cyclisme depuis 2002, je n’ai jamais donc réellement connu les exploits de Marco Pantani sur le tour de france. Mais, j’aurais tant voulu conaître plus ce coureur qui pour moi était d’exception. Même si je ne le connaissais pas très bien, j’ai pleuré sa mort comme beaucoup de gens, je savais que le cyclisme perdait quelqu’un de grand, de très grand.

    Alors maintenant, j’ai envie d’oublier sa fin de vie et ne regarder que ses exploits dans la montagne.
    En découvrant votre article, j’apprends aussi beaucoup de Marco Pantani que je n’ai que très peu vu sur un vélo. J’ai ressentis beaucoup d’émotions en le lisant, et il m’a surtout fait comprendre que le cyclisme n’avait pas seulement perdu un cycliste mais aussi un homme d’exception...

    Le pirate n’est plus, et c’est bien dommage pour le monde du vélo...

    Merci pour ce merveilleux article.

  • IL PIRATA, stregati da un campionissimo.

    Un grand homme par le talent est disparu en la personne de Marco Pantani, le jour de la Saint-Valentin en 2004. J’étaits dans mon lit branché sur RMC info quand j’ai appris la terrible nouvelle. Au début je n’est pas voulu m’y attarder croyant une mauvaise écoute de ma part, mais lorsque l’info se répétta, là plus de doute possible. Il n’était plus de ce monde pour l’émerveiller de ses exploits dans les bosses.

    Lourde tristesse pendant de nombreux moments, de l’incompréhension lors de l’annonce des causes de la mort. J’ai suivi la casi totalité de sa carrière, l’ai même vu en personne lors de sa victoire sur le Tour, année formidable pour lui, puisqu’il rentra dans l’histoire et dans la renommée des plus grands. Mais quoi de plus normal pour ce grimpeur exceptionnel, au caractère et à l’attitude rebelle, indomptable du pirate. Pour moi, il est le dernier pur grimpeur à avoir réaliser de si beaux exploits sur une Bicyclette, même si Rasmussen dans son style n’est pas mal non plus. Cependant rien a voir avec les envolées majestueuses dont nous gratifiais le pettit pirate à la bouille attendrissante.
    Je l’aimais et le respectait ènormément, malgrés ces problèmes d’addictions qui aurons apparamment eu raison de lui. Je dit apparamment car les circonstances de ces derniers instants sur terre son assz vague, il faut bien le reconnaître, complot qui aurait sévi sur ce pettit bonhomme une dernière fois après l’avoir brisé lors de sa carrière, ou bien choix personnel de quitter un monde qui le dégouttait. Un monde adulant ces champiopns mais qui n’ésite pas non plus à les traînés dans la boue. Un monde qui ne croit plus et n’aime peut-être en générale plus le sport. Quoi qu’il en soit, j’espère , même si il m’attriste toujours puisqu’il nous prive de sa présence, que ce choix à bien été le sien.

    Marco, tu me manque, manques à bon nombre de gens et notamment, même si tous ne le reconnaisse pas dans le milieu, dans le cyclisme qui a perdu un homme atypique aux splendides et purs exploits. Ton coup de pédale ravageur dans les bosses, qui anhilait tout les espoirs de victoires de tes concurents, Marco tu étaits u pur grimpeur come on n’en voit plus désormais ( sauf peut-être Rasmussen).

    Marco tu étaits un grimpeur qui souffrait, et qui construisait tes courses, tes exploits à la sueur, à l’énergie, et aux efforts de tes dures préparations, cependant je dois bien reconnaître que tu as montré parfois un moral quelques peu fragile, mais quand on a descendu un homme en rafale à l’image de ce que l’on t’as fait, comment un autre homme se serait comporter.

    Marco tu m’as donné goût au cyclisme, je suis devenu moi même cycliste, me spécialisant au fur et à mesure dans les bosses tel que tou, même si j’ai un gabarris quelque peu plus robuste.(1,80m pour 70kg). Je me rappelle comme si c’était hier lorsque tu es passé en jaune sur mon terrain valloné d’entraînement. J’étais dans le raidar du bois des cornes, et tu es passé, juste après Ullrich, avec ton coup de pédale majestueux et spécifiques aux bosses. Tu es malgrès ta disparition un modèle pour mopi, et à chaque belles bosses de franchises, je te la dédie d’un bras tendu au ciel murmurant dans ma tête pour toi Marco. Lors du dernier Tour, les coureurs sont repassés à Blanzy pour le contre la montre, et j’avais fièrement dressé sur le bord de route une banderolle te rendant hommage, et qui a fait sensation, sans oublier que je prévois de courir le marathon de Paris vêtu à ton éffigie, ainsi que de franchir les cols que tu as toi même passé en victorieux, ceci dans les années avenir, je suis actuellement en pleine préparation.
    Voilà Marco tout ça pour te dire que je te regrette amèrement, lourdement, mais que je ne t’oublie pas, et que je ne t’oublierais jamais.

    CIAO MARCO , IL PIRATA. Repose en paix, Geoffrey Casciello, quelqun qui t’admirais, t’admire et d’admireras toujours.

    Signé, Geoffrey, le Grimpeur de Blanzy.

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